Révolte de Gdeim Izik il y a trois ans : Lise, une française, y était

Posted on novembre 23, 2013


Nouvelles du Sahara

 

Le doyen des participants de Gdeim Izik. "Il a décidé de ne plus se couper les cheveux tant que le Sahara occidental n'est pas indépendant", explique Anthony Jean (TotasproD), le photographe.

Le doyen des participants de Gdeim Izik. « Il a décidé de ne plus se couper les cheveux tant que le Sahara occidental n’est pas indépendant », explique Anthony Jean (TotasproD), le photographe.

Le mouvement populaire de Gdeim Izik marquera l’histoire de la contestation des sahraouis contre l’occupant marocain. Il y a tout juste trois ans, deux français étaient sur place. Lise Trégloze, 32 ans et Anthony Jean, 30 ans, ont fait pendant une dizaine de jours plusieurs aller-retour clandestinement entre la ville de El Aaiun et le campement. Pour Nouvellesdusahara.fr, Lise Trégloze revient sur ce « printemps sahraoui ».

Nouvellesdusahara.fr : Le camp de protestation de Gdeim Izik a débuté le 15 octobre. Quand êtes-vous arrivé sur ce lieu et pourquoi ? Vous ne connaissiez pas particulièrement le conflit du Sahara occidental…

 

Lise Trégloze : Je connaissais Ennaâma Asfari (NDLR –un militant reconnu de la cause sahraouie qui a pris part au mouvement de Gdeim Izik) car je réside comme lui à Ivry-sur-Seine et je le croisais dans les activités associatives et militantes. Je ne connaissais pas le conflit du Sahara Occidental, mais je savais qu’il s’y passait « quelque chose » dont on ne parlait pas. Comme je traversais ce territoire pour me rendre au Sénégal, je comptais bien m’y arrêter pour tenter de comprendre ce qu’il s’y passait et d’interviewer des militants défenseurs des droits humains dans le cadre d’un reportage sur les mouvements sociaux que je réalisais à l’époque avec Anthony. Nous avions rendez-vous avec Ennaâma à El Aaiun le samedi 23 octobre. Quelle ne fut pas notre surprise quand il nous emmena directement vers le campement de Gdeim Izik…

 

Nouvellesdusahara.fr : Quelles ont été vos premières impressions au milieu de ce véritable village de tentes, qui a compté près de 7000 tentes traditionnelles et 20000 personnes au plus fort du mouvement  ?

 

Lise Trégloze : Nous étions impressionnés ! Nous avions tous les deux beaucoup voyagé et vécu plusieurs expériences incroyables mais celle-ci dépassait tout ! Je n’avais jamais vu de camp de réfugiés et celui-ci y ressemblait beaucoup, mais sans le côté triste et déprimant. Au contraire, une fois les barrages policiers et militaires passés, nous entrions dans un grand village où tout le monde circulait librement, saluait son voisin dans la joie, échangeait des discussions sans peur d’être écoutés, bref un grand sentiment de liberté alors que depuis notre départ, plus de deux mois auparavant, nous étions dans une pression permanente à cause de notre reportage sur les mouvements sociaux au Maroc (tout le temps suivis, sur écoute…).

Nous étions au coeur de la culture sahraouie, entourés de khaima, les tentes traditionnelles. On nous invitait à boire le thé tous les dix mètres, tout le monde était heureux mais en même temps prudent. On sentait à la fois une grande organisation et une inquiétude concernant l’armée marocaine qui encerclait le campement.

D’ailleurs, à notre arrivée, l’armée venait d’achever la construction d’un mur qui entourait le campement. Nous avions dû nous cacher pour rentrer. Une fois dedans, nous ne voulions plus ressortir tellement nous avions à découvrir !

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