Equipe Média : Les Sahraouis fêtent leur unité nationale et Gdaim Izik malgré la répression marocaine

Posted on octobre 19, 2013


APSO Infos :

Enlèvements de 3 Sahraouis, une nouvelle méthode de terreur ?
En territoires occupés du Sahara Occidental, les citoyens sahraouis ont célébré un double anniversaire, le 12 octobre 1975, date de la déclaration de l’unité nationale et le 10 octobre 2010, date anniversaire du début de la grande manifestation de Gdaim Izik. Une fois de plus ils ont subi l’oppression et la répression du colonisateur marocain.
Le 12 octobre 1975, à l’appel de El Ouali Mustapha Saied, les Sahraouis se sont réunis sous une tente à Ain Bentili au Sahara Occidental pour déclarer l’unité nationale. Les notables, les Chioukhs ont déclaré qu’ils étaient unis en un peuple, contre tous les ennemis et sous la direction du Polisario. Cette date est un moment essentiel de la lutte pour la libération du Sahara Occidental contre ses colonisateurs.
À El Aaiun occupée, le 9 octobre 2013, l’association sahraouie pour la diffusion de la culture et le patrimoine a organisé une rencontre pour ces occasions commémoratives. Leur lieu de rencontre est resté assiégé et encerclé par la police et des agents des DST pendant toute la durée de la réunion qui s’est néanmoins tenue jusqu’à sa fin, sans céder à l’intimidation. Les participants dans cette rencontre sont des activistes et des représentants des associations et comités des droits de l’homme sahraoui. Les intervenants ont exprimé l’importance de l’unité nationale sahraouie, disant qu’elle est la roche sur laquelle se sont brisés les rêves des envahisseurs. Ils ont insisté sur la nécessité de surveiller et dénoncer les sites créés par les services d’intelligence marocaine pour diffamer les figures importantes de la résistance, afin de les décrédibiliser et d’affaiblir les forces actives. Selon eux, ce sont des sites poubelles et c’est dans ce sens qu’il faut les critiquer. La lutte pour l’indépendance doit dépasser les individus, et chacun doit ignorer les atteintes personnelles sur ses défenseurs les plus exposés.
Le 11 octobre, des citoyens sahraouis ont organisé une rencontre sous une tente sur le toit de la maison de la militante sahraouie Oum Lmnain Souaieh. Les participants ont échangé des informations sur les violations des droits de l’homme commis par l’État du Maroc, sur les portés disparus, et les prisonniers politiques dont la détention est insupportable. Le Maroc interdit aux citoyens sahraouis de planter la tente, mais aussi de s’exprimer librement sous peine de violences, et c’est donc uniquement l’espace privé qui protège encore leur dignité.
A Essmara occupée, dans le quartier Essoukna, le 11 octobre, les forces d’occupation ont arrêté l’enfant sahraoui Mohamed Maelainin, 8 ans, l’ont frappé violemment dans une rue à proximité de la mairie d’arrondissement, avant de le laisser évanoui sur le sol et de partir. Maelainin avait lui aussi participé à une manifestation pacifique pour commémorer le jour de l’unité nationale.
Le 12 octobre, à El Aaiun occupée, et pour les mêmes motifs de commémoration, la « coordination Gdaim Izik  pour le mouvement pacifique » a appelé à manifester. Plus de 50 citoyens sahraouis se sont rassemblés sur le boulevard Essmara, où la police marocaine en tenues civiles et en uniformes les a attaqués pour les disperser. Ils ont chassé les manifestants dans les ruelles du quartier Maatala. Parmi les blessés, l’enfant sahraoui Housam Ajaf, 14 ans, a été enlevé par une patrouille de la police dirigée par Mouhcen Serghini et conduit dans la périphérie de la ville où il a été torturé pendant une heure. (voir vidéo).
Ce même jour, sur le boulevard Tan Tan, les forces d’occupation ont attaqué 40 diplômés chômeurs sahraouis qui manifestaient pour le respect de leur droit au travail. Les chômeurs ont surtout dénoncé dans leurs slogans le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc. 12 chômeurs ont été blessés lors de l’intervention de la police. (Voir déclaration d’un chômeur)
Le 12 octobre toujours, à Boujdour occupée, la police est arrêté Mlle El-Ghalia El Ansari, 16 ans, prés du lycée Errachidi. Melle El Ghalia est élève et activiste sahraouie pour l’Indépendance du Sahara Occidental. Elle distribuait des tracts célébrant le jour de l’unité nationale quand  la police l’a arrêtée.
Mlle El-Ghalia a passé deux heures au centre de police, interrogée par le commissaire « Bouazza » et des agents de la DST. Ils l’ont insultée et menacée de la violer si elle continuait ses activités contre l’occupation.
D’autre part, dans cette même dynamique, dimanche 13 octobre 2013, à El Aaiun occupé, 11 associations et comités sahraoui de défense des droits de l’homme ont formalisé la création d’une coordination locale. Les associations Asvdh, Codapso, Association Sahraouie de diffusion de la culture et du patrimoine, Cspron, La ligue des prisonniers politiques sahraouis, Organisation justice et dignité, Groupe des personnes qui rejettent la nationalité marocaine, Forum avenir de la femme sahraouie (FAFESA), Observatoire de la femme et l’enfant sahraoui, Comité des familles de 15 disparus sahraouis, Coordination Gdaim Izik, ont reçu le soutien du Groupe media, regroupant 3 organisations de journalistes sahraouis.
La coordination locale appelle à manifester samedi 19 octobre à partir de 17h sur le boulevard Essmara, à l’occasion de la visite de SE Christopher Ross à El Aaiun occupée, puis dans d’autres ville du territoire occupé. Le motif de la manifestation est de rappeler à leur envoyé  la responsabilité des Nations Unies dans le blocage de la situation, et qu’il leur faut utiliser des moyens contraignant sur le colonisateur pour que soit organisé le référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
Les prisonniers politiques sahraouis de la prison Noire à El Aaiun occupée ont eux aussi commémoré les mêmes dates importantes. En réaction, le 13 octobre, vers 23h, un groupe des gardiens de la prison a pris d’assaut leurs cellules, et les ont frappés et insultés.
C »est un acte de brutalité de plus dans cette prison dont les conditions carcérales sont des infractions caractérisées et connues de toutes les obligations nationales et internationales en matière de traitement des prisonniers.
Le 17 octobre, le directeur de cette même prison a transféré les deux prisonniers politiques sahraouis Ouled Chaikh Mahjoub et Kamal Trayh dans une cellule contenant 50 prisonniers des droits commun, dont des assassins. En signe de protestation et parce qu’ils craignent pour leurs vies, les 2 prisonniers politiques sahraouis ont entamé ce soir une grève de la faim illimitée.
C’est dans ce contexte global que des journalistes hollandais et suédois, spécialistes des guerres et conflits ont séjourné à El Aaiun occupée. Du lundi 7 au vendredi 11 octobre, ils ont rencontré des associations sahraouies des droits de l’homme, des journalistes, des victimes des violations des droits des droits de l’homme, des anciens disparus, et assistés à des préparatifs, et rencontres publiques de célébration de l’anniversaire de l’unité nationale sahraouie.
EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé

Le 17 octobre 2013

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