Guerre du Sahara occidental: quand les tortionnaires et les envahisseurs se rejettent la balle de leurs atrocités restées impunies

Posted on juillet 12, 2013


eidda_takioullahCRIDEM :

En tant que mauritano-sahraoui, ma coupe est pleine, vraiment pleine. J’en conviens que ça fait longtemps que ce débat aurait dû être fait, ou dirais-je, ça fait longtemps que cet abcès, puant, aurait dû être crevé.

Drainé jusqu’ici, mais jamais traité, de peur qu’il nous fasse encore plus mal, cet abcès a fini par nous éclater en face. Pourtant, le mal a déjà été fait de part et d’autre, mais souffrant du «Syndrome de Stockholm», on l’a enfui au fond de nous mêmes sans jamais chercher à s’en libérer.

Alors, le temps de faire la thérapie collective est manifestement arrivé. Et vous ne le devinez jamais, cette thérapie est arrivée de là où on l’attendait le moins: la Télévision de Mauritanie (TVM).

Eh oui, qui l’aurait cru! La TVM qu’on connait, longtemps domestiquée par les pouvoirs publiques, avec ses programmes plates de propagande, sans fond ni forme, sans saveur, inodore et incolore, nous sert en 2013 un programme aussi audacieux sur les séquelles de la guerre du Sahara Occidental.

Un vent de changement souffle certainement sur l’espace audio-visuel en Mauritanie. En tout cas, un grand merci au présentateur du programme: Dr Cheikh Ould Sidi Abdellahi, d’ailleurs que je ne connais point.

Après des décennies, chacun des acteurs essaie lâchement de s’en laver les mains dans la cour de l’autre. À commencer par l’acteur principal de cette guerre, Mokhtar Ould Daddah, dans son livre « La Mauritanie contre vents et marées », Mohamed Khouna Ould Haidalla et aujourd’hui le Polisario, en réaction à la diffusion du programme de la TVM (El Fadaa El Thaqaffi), consacré aux traitements des prisonniers mauritaniens capturés alors par le Polisario.

Au fond, qu’est ce que nous apprend le programme de la TVM sur cette guerre qu’on ne connait pas déjà? Rien, sauf peut être de constater combien les dirigeants, de l’époque, du Polisario et de la Mauritanie, ont été si sanguinaires et si lâches.

L’invité, Mohamed Fall Ould Emed, avec qui je sympathise beaucoup, nous a servi un côté seulement de l’histoire, avec une amertume évidente, voire teintée de mauvaise foi, contre l’ancien Président Khouna Ould Haidalla. Je reviendrai sur ce point dans ma deuxième partie.

Il faut le dire, tant le Polisario que la Mauritanie ont été instrumentalisés dans ce conflit par les frères ennemis algéros-marocains, en fonction d’agendas expansionnistes et stratégiques, qui ne servent que ces deux pays, au détriment de tous les pays de la région.

Tares qu’ils étaient, nos dirigeants mauritano-sahraouis se sont rabattus, en véritables tortionnaires, sur les populations maures, en les divisant et en les mobilisant les unes contre les autres, au nom de concepts qu’ils ont mal assimilés dans leur mise en œuvre, aussi bien que dans l’intégration des profondeurs de leurs conséquences: « l’indépendance » pour le Polisario et « l’annexion » pour la Mauritanie.

Pourtant, ni la Mauritanie ni le Polisario n’avaient de leadership ni les capacités économiques ou structurelles qui leur permettaient d’atteindre les objectifs qui se sont fixés: asseoir une République Sahraouie au Sahara Occidental, d’un côté; et annexer ce territoire, en unissant les populations maures sous la tente mauritanienne, de l’autre.

Me Takioullah Eidda, avocat
Québec, Canada

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