Rappel de la position d’Ali Fkir sur le conflit du Sahara Occidental

Posted on juin 18, 2013


Solidarité Maroc :

UnknownPar Ali Fkir


Le Sahara occidental:
la raison pourra-t-elle l’emporter sur l’entêtement?
Ce qui se passe au Sahara Occidental et au sud du Maroc nous interpelle. Je tiens à redire ce que j’avais dit en 1983. Ce qui m’avait coûté 12 mois de prison ferme sans compter les 13 jours passés au commissariat central de Rabat. Du 23 janvier 1984 au 5 février 1985
Accompagné d’un officier de la DST, un grand bonnet du ministère de l’intérieur, m’avait posé, entre autres, deux questions et ce, devant l’immeuble où j’habitais. Plusieurs personnes, dont ma compagne et sa mère, assistaient à la discussion « amicale », avant que celle-ci ne se transforme en orage.
– Pourquoi je parlais du bagne de Tazmamart, alors qu »il n’existe pas »
– Quelle étais ma position relative à la « cause nationale », c’est à dire relative au conflit du Sahara Occidental ?
J’avais répondu ( le grand bonnet et son acolyte vont lire ce que je dis. Je n’invente rien messieurs!): Je maintiens ce que j’avais dit du bagne de Tazmamart. Je le dis publiquement, quant au conflit du Sahara Occidental, ce qui m’intéresse ce n’est pas la « libération » du sable, mais la libération de l’Homme. Or seuls les Sahraouis savent ce qui leur convient. C’est pourquoi je défends la position d’ILAL AMAM qui défend le principe de l’autodétermination des Sahraouis.
Ces réponses ont mis hors de lui le grand bonnet. Mais il n’avait ni insulté, ni menacé. Il fallait attendre 7 mois pour que la police profite du soulèvement de janvier 1984 pour me faire payer cette déclaration.

– Des années après, l’Etat, au plus haut sommet, reconnait l’existence du bagne de Tazmarat et décide « d’indemniser » les victimes du crime.
– Aujourd’hui, les événements qui se passent au Sahara Occidental et au sud du Maroc, donnent raison à ILAL AMAM (aujourd’hui ANNAHJ ADDIMOCRATI).

L’entêtement ne mène à rien. Le peuple marocain paie trop, trop cher l’entêtement des décideurs.Le conflit est devenu un gouffre. Des milliards sont ainsi jetés bêtement. Seuls les grands bonnets et les fournisseurs d’armes en profitent.
La décision raisonnable ne peut venir que du palais et de son entourage. C’est la constitution qui leur donne ce pouvoir. Ceux qui ont dit « OUI » en juillet 2011, n’ont rien à dire. De toute façon, ils sont incapables de dire non. Ils sont inféodés au régime. Les autres opposants chauvins monarchistes se limiteront à des communiqués de pleurnichards .
Nous, opposition marxiste, nous avons dit NON à la constitution makhzenienne qui légitime la tyrannie, nous luttons pour que le peuple marocain puisse librement s’autodéterminer (choisir son régime politique, son modèle économique, son organisation sociale…).

Jusqu’à la fin des années 60, l’Etat considérait la Mauritanie, partie intégrante du pays. Un ministère de la Mauritanie existait. L’entêtement n’avait mené à rien. Le palais avait choisi la voie de la raison. L’Etat reconnut alors la souveraineté de la Mauritanie. Hassan II avait prétendu que c’était un héritage malheureux de l’époque de son père.
Les chauvins n’avaient pas bougé le petit doigt.
Devant l’impasse de la politique de l’entêtement, le palais et son entourage peuvent prendre aujourd’hui la même décision que Hassan II des années 60. Le conflit du Sahara Occidental étant un cadeau empoisonné qu’il a laissé en héritage à plus d’un.

Qui a intérêt à ce que ce conflit n’ait pas de solution? Les grands bonnets des forces de répression (ceux des FAR en tête), les notables et autres riches sahraouis, des couches algériennes (aux militants algériens d’en parler avec plus de données), les politicards et autres capitulards syndicalistes… qui se cachent derrière ce conflit pour justifier leur inféodation au régime pour les uns, et leurs stérilité/passivité face à la l’arrogance/virilité du patronat pour d’autres.
Je termine en disant:
QUE LA RAISON L’EMPORTE SUR L’ENTÊTEMENT !
Ali Fkir, le 6 mai 2013
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Sahara Occidental : piteuses gesticulations !

Pourquoi tout ce remue-ménage et autres gesticulations à propos du Sahara ?
Bref rappel historique (je n’invente rien):
– Juste après « la marche verte » (novembre 1975) organisée par l’Etat marocain et les accords tripartis qui s’en suivirent (Maroc, Espagne, Mauritanie: avril 1976), le Sahara Occidental est divisé en trois morceaux ( grosso-modo : 2/3 pour le Maroc et 1/3 pour la Mauritanie). L’Etat makhzenien et son entourage prétendirent que le dossier est clos. ILAL AMAN dit le contraire.
– La guerre continue. En été 1979, et grâce aux coups assénés par le Front Polisario, la Mauritanie abandonna son « 1/3 » du Sahara Occidental. Le Maroc l’ajoute à « ses 2/3 ». L’Etat et son entourage nous redirent que cette fois-ci, c’était la bonne. Le dossier était définitivement clos. ILAL AMAM défendit l’inverse. Elle défendit la réalité, qui était (et qui est toujours) loin des fantasmes des uns et des autres.
– Empêtré dans le bourbier, l’Etat marocain accepta en juin 1981 (sommet de Nairobi) le principe du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. La direction de l’USFP, rouspéta. Le makhzen « l’hébergea  » à la prison de Laâlou de Rabat, puis à Missour. Les brebis « égarées » (sans dire galeuses) rentrèrent dociles au bercail. ILAL AMAM se réconforta dans sa position de principe.
– 1991, accord de cessez-le feu entre l’Etat marocain et le Front Polisario (celui-ci n’existait pas avant dans le langage officiel marocain et dans celui de son entourage .On parlait plutôt d’un ramassis de mercenaires qui ne représentait rien hhhh). DES MILITAIRES (casques bleus) onusiens débarquèrent au Sahara. Ils y sont toujours.
– Le revirement de l’Etat marocain, ne changea rien à la donne. Puisque après une minutieuse enquête patronnée par Driss Basri (alors ministre de l’intérieur), l’Etat marocain aboutit à la conclusion que la majorité des sahraouis veulent l’indépendance. Le référendum deviendrait alors un suicide.

Comme le réclamaient les Sahraoui, ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VOIE DEMOCRATIQUE), la continuité d’ILAL AMAM, demanda un dialogue directement entre l’Etat marocain et le Front Polisario, et prôna une solution dans le cadre du Grand Maghreb des peuples, sur la base du principe de l’autodétermination et dans le cadre des résolutions de l’ONU. Les chauvinistes crièrent au scandale, traitèrent la VD (comme ils avaient traité auparavant ILAL AMAM) de tous les noms et adjectifs.
– 2007, L’Etat marocain ACCEPTA alors de dialoguer directement avec le Front Polisario, les deux parties concernées DIRECTEMENT par le conflit du Sahara. Les deux protagonistes s’assoient autour de la même table, face à face et sans complexe aucun. Ils sont au 6ème round (si je ne me trompe pas). On appelle cela des « rencontres informelles ». Question de jargon juridique.
– Le Maroc officiel mit sur la table diplomatique sa carte « d’autonomie élargie pour les provinces sahariennes ».
– juillet 2008, ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VD) jeta un pavé dans la marre « dormante » du conflit : la direction DE LA VD lit publiquement la lettre de Mohamed Abdelaziz, le leader du Front Polisario adressée à ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VD) à l’occasion de son deuxième congrès. Ce qui attira la foudre des chauvins. Le fils d’un général recruta des névrosés pour manifester (avec la bienveillance de la police) devant le siège d’ANNAHJ. Certaines voix demandèrent la dissolution pure et simple d’ANNAHJ ADDIMOCRATI (hhhh comme si nous avions peur de l’interdiction. Ceux qui ont crée la VD sont dans leur majorité des habitués des prisons du makhzen).
– Aujourd’hui, sous la pression des forces démocratiques mondiales, suite aux revendications des Sahraouis, et certainement suite aux rapports des représentants de l’ONU qui se trouvent dans la région, certains parlent de la nécessité d’élargir les prérogatives des forces onusiennes au Sahara Occidental. Elles doivent avoir un « droit de regard » sur la situation des droits humains. LES CHAUVINISTES de tous poils crient au scandale, à l’atteinte à la « souveraineté nationale »…et j’en passe.
Messieurs, vous avez accepté la présence des casques bleus au Sahara, vous êtes en discussion avec le Front Polisario…vous prétendez que les droits de l’Homme sont respectés au « Maroc y compris au Sahara occidental ». De quoi avez-vous peur ?
Que pourrais-je affirmer ?
Ce que je peux affirmer avec certitude, c’est que les droits humains les plus élémentaires ne sont pas respectés de Tanger à Oued Noune et de Casablanca à Figuig. La répression étant le seul langage que connait l’Etat marocain. Le conflit du Sahara constitue un gouffre pour les dépenses publiques. Il aggrave l’appauvrissement des masses populaires. Des mafieux et autres notables s’enrichissent, seuls les généraux marocains et algériens ont intérêt à ce que ce conflit ne trouve pas de solution définitive.
Les gesticulations et autres fantasmes, n’ont jamais résisté à la marche de l’Histoire. Le chauvinisme n’a jamais profité aux déshérités en général et aux travailleurs en particulier.
Ali Fkir, 17 avril 2013