Point hebdomadaire n°26 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc

Posted on juin 6, 2013


asdhomASDHOM :

Deux de nos marraines ont réagi au cri d’alarme qu’on a lancé dans notre précédent point hebdomadaire et qui concerne l’état de santé de plusieurs membres du groupe de prisonniers politiques sahraouis Gdeim Izik. Si Marie-José Fressard a choisi d’écrire directement à son filleul Hassan Dah pour lui son soutien inconditionnel, Isabelle Maurer, la marraine suisse, a, quant à elle, préféré interpeller les responsables marocains et le président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) sur les conditions de détention de Mohamed Bani et de son groupe.

Extraits :

« J’espère que tu ne perds pas courage. Si d’une façon ou d’une autre je peux t’aider, dis-le-moi, je ferai de mon mieux. J’ai hâte d’avoir de tes nouvelles…. Je pense beaucoup à toi, et à vous tous. Tiens bon, cher Hassan, et reçois toute mon amitié et ma solidarité. » Marie-Jo, mardi 28 mai 2013.

 

« …Je me fais du souci pour mon filleul, le prisonnier Mohamed Bani, ainsi que pour ses 21 camarades.

…..En tant que citoyenne suisse, je vous lance un appel afin que la situation des 22 prisonniers sahraouis de Salé 1 change immédiatement, que ces prisonniers politiques bénéficient rapidement de soins médicaux en rapport avec leurs problèmes de santé, et que les conditions de leur détention s’améliorent grandement. Je fais appel à votre humanité et suis persuadée que l’image du Maroc ne pourra qu’être meilleure à l’étranger si vos détenus politiques sont mieux traités. » Isabelle Maurer, 1er juin 2013.

 

Vous trouverez l’intégralité de ces deux lettres sur la rubrique « Témoignages et Lettres » du site de l’ASDHOM.

Tout en se réjouissant et en félicitant ces deux marraines de leur action de solidarité, l’ASDHOM continue à lancer son appel à d’autres parrains et marraines pour faire de même. La liste des prisonniers politiques n’arrête pas de s’allonger et leurs conditions de détention sont tellement insupportables qu’il nous faut beaucoup de parrains et marraines comme Isabelle et Marie-Jo pour amener les autorités marocaines à accéder à leurs revendications légitimes. Cette solidarité est d’autant plus nécessaire qu’en ce moment quelques-uns de ces détenus politiques sont en grève de la faim. Les cinq militants de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc, incarcérés à la prison Toulal 2 à Meknès, en sont à leur 86ème jour. Ils ont été arrêtés depuis décembre 2012 et ne sont toujours pas jugés (Voir nos précédents points). Leur santé s’est gravement détériorée (Asthme, évanouissements, paralysie des membres inférieurs, etc.) Soufiane Sghéri et Hassan Koukou ont été transportés d’urgence, en début de cette semaine, à l’hôpital Mohamed V de Meknès. Ils garderont sûrement des séquelles, même avec une issue heureuse de cette action.

Il est malheureusement urgent d’agir auprès des responsables marocains pour éviter qu’un drame humain survienne.

 

Groupe UNEM-Fès : Les trois prisonniers politiques qui avaient été libérés provisoirement (Tarek Jaïbi, Hicham Boughlad et Younes Erroufi) après 35 jours de grève de la faim, ont été présentés à nouveau devant la Cour d’appel de Fès le 29 mai. Leur procès a été reporté au 18 juillet 2013. Leur camarade, Mohamed Rida Derkaoui, arrêté le 14 mai 2013, sera, lui, fixé sur son sort le 12 juin. Quatre autres, Hamid Moumen, Mohamed Hamouche, Abdelouafi Lamrabet et Mohamed Harras, faisant partie des 22 militants de l’UNEM arrêtés après les protestations du campus Dhar El-Mahraz du 15 avril, devaient être condamnés le 30 mai 2013. Nous n’avons pas encore les éléments concernant ce verdict.

 

Groupe Zayou-ANDCM-20Fév : Les sept militants de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc (ANDCM) et du mouvement 20-Février (Voir nos points précédents), arrêtés le 2 mars 2013, ont été présentés le mardi 28 mai devant le tribunal de première instance de Nador. Leur procès a encore une fois été reporté au 16 juillet. Nous rappelons qu’ils sont poursuivis pour « violences envers des fonctionnaires de l’Etat, destruction de bien public, désobéissance et menaces, rassemblement non autorisé, etc. » Ils restent en liberté provisoire et les forces démocratiques locales qui se sont fortement mobilisées pour eux demandent l’abandon des poursuites.L’ASDHOM qui se joint à elle, considère que ce procès déguisé en droit commun cache en vérité un vrai procès politique qui tend à bâillonner les militants démocratiques et progressistes.         

 

Groupe Ifni : Après les deux jeunes frères, Lambidae, arrêtés et condamnés à de la prison ferme pour avoir participé aux protestations du 2 mai dernier, vient le tour d’un jeune mineur d’être poursuivi en liberté provisoire. Il s’agit de Mohamed Lamine Iriz. Traduit devant le tribunal de première instance de Tiznit le 28 mai 2013 en présence de plusieurs militants de l’AMDH, son procès a été reporté au 26 juin 2013.

 

Groupe Sahraouis-Laâyoune-Smara : Un nouveau groupe de quatre Sahraouis vient d’être traduit devant la Cour d’appel de Laâyoune au Sahara le 30 mai 2013. Sidi Mohamed Mallah, Mohamed Sallouh, Mahmoud Hanoun et Ajouad Farrah s’ajoutent à ceux arrêtés après les rassemblements de protestation qu’ont connus les villes de Laâyoune, Boujdour et Smara après le 25 avril 2013 en lien avec la décision du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le mandat de la MINURSO. En tout, il y a eu une dizaine d’arrestations dont un mineur. Nous reviendrons en détail sur ces arrestations dans notre prochain point.

 

Pour le bureau exécutif

Ayad Ahram

Président de l’ASDHOM

Paris, le 4 juin 2013

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