Le Jugement militaire et la recherche de la vérite

Posted on mars 18, 2013


Le Jugement militaire et la recherche de la vérité 

par Naama Asfari Abdiprisonnier politique et d’opinion, co-Président du CORELSO – Comite pour le respect des libertés et des droits de l‘homme au Sahara Occidental, condamné à 30 ans de prison le 17.02.13

Introduction et traduction de l’arabe par Ali Omar Yara

De notre cellule, nous proposons de témoigner de la singularité d’une mémoire qui, dissimulant ses contradictions, déforme la vérité en en inventant une autre. En effet, après plus de deux ans d’incarcération et d’emprisonnement ferme, le régime marocain a enfin décidé, de nous faire comparaître, nous, les 24 prisonniers du groupe de Gdaïm Izig, devant le tribunal militaire permanent de Rabat, le 1er février 2013.

Il y a donc, aucun obstacle pour quelqu’un qui suit ce dossier à constater que notre incarcération collective ne correspond pas à ce que prétend le Maroc et que ce jugement ne respecte, ni les procédures ni la loi pénale marocaine.

Il s’agit bel et bien d’une captivité, depuis le premier moment de notre enlèvement (le 8 novembre 2010) qui ne prend pas en considération les principes élémentaires du respect du droit et n’offre aucune garantie d’un jugement équitable.

Ce fut à l’instant même de notre arrestation que le régime marocain a rendu son verdict d’une condamnation collective. Il a ainsi trouvé un motif pour nous prendre en otages. Un ordre politique qui dépasse et de loin la compétence d’un juge d’instruction et du procureur général.

Cette décision prise à notre encontre, nous a privés de liberté depuis deux ans et quatre mois, pour nous faire subir, de surcroît, un sort inconnu pour une période indéterminée. Car, cet emprisonnement à caractère politique inavoué, est une torture morale, psychique et physique.

D’ailleurs, les observateurs et les ONG marocaines et internationales sont impressionnés par cette logique particulière, qu’ils ne peuvent saisir. Ils ne réalisent pas encore ou peu, que l’incarcération infligée aux Sahraouis, notamment les activistes juridiques, hommes et femmes, est aussi une forme de récupération à caractère politique. Du même ordre que les intimidations et l’exercice de la violence physique, pratiqués dans la rue et dans les différents locaux des services de l’ordre.

Le texte complet :

jugementNaama

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