Des peines très lourdes pour les militants Sahraouis

Posted on février 18, 2013


Nouvelles du Sahara :

18 février 2013

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Détenus pour la plupart depuis novembre 2010, 24 militants civils ont été condamnés à de très lourdes peines par le tribunal militaire de Rabat. Un « procès vicié à la base« , selon Amnesty International.

A 3 h 30, dans la nuit de samedi à dimanche, l’avocat espagnol Juan Soroeta envoyait un message pour informer du verdict. Un verdict « terrible » selon l’observateur.  France Weyl, une avocate française membre de la mission d’observation juridique internationale, précisait le détail des peines dans la matinée :

Condamnés à perpétuité : Sidahmed Lemjayed, Abdeljalil lemghaimad, Ismaili Brahim, Mohamed Elbachir Boutenguisa, Abdelahi Lekhfawni, Abdelahi Abhah, Ahmed Sbai, Mohamed Bani, Hassana Aleya (par contumace)

Condamnés à 30 ans de prison : Naama Asfari, Chaikh Banga, Mohamed Bourial, Dah Hassan.

Condamnés à 25 ans : Daich Dafi, Mohamed Lamin Haddi, Mohamed Embarek Lefkir, Mohamedjuna Babait, Elbakay Larabi, Hossein Zaoui, Abdelahi Taoubali.

Condamnés à 20 ans : Mohamed Layoubi, Bachir Khadda, Mohamed Tahlil.

Condamnés à deux ans, ce qui correspond à la période de détention préventive subie : Sidi Abderrahman Zayou, Taki Elmachdoufi.

Jointe dans la soirée hier, Claude Mangin, qui voit son époux Naâma Asfari, leader de la mobilisation à Geim Izik, dit sobrement : « C’est un procès politique !« .

Débuté le 8 février dernier, le procès a donc pris fin le 17 février.

« Nous sommes scandalisés par le verdict qui est tombé cette nuit pour nos camarades Sahraouis, dont mon co-président (NDLR : Naâma Asfari) qui a été arrêté la veille des faits qui leur sont reprochés. Bien entendu ce n’est qu’un exemple de la procédure d’exception qui s’est appliquée à tous les camarades Sahraouis, tous civils et pourtant jugés devant un tribunal militaire !« , a déclaré Aline Pailler, journaliste et présidente du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains au Sahara Occidental (Corelso).

« Juger des civils devant un tribunal militaire est contraire aux normes d’équité reconnues au plan international« , avait déclaré le 1er février Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. En vain.

Malgré la demande d’Amnesty qu’une enquête soit menée quant aux allégations de torture formulées par les personnes détenues et que le tribunal écarte tout élément de preuve obtenu sous la torture, les juges ont refusé.

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