Point hebdomadaire n°11 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc

Posted on février 17, 2013


Asdhom :

Cette semaine était marquée par la poursuite sans relâche des audiences au tribunal militaire permanent de Rabat qui jugeait le groupe des 24 Sahraouis, dit groupe Gdeim Izik. Le verdict vient de tomber ce matin. Et il est « catastrophique ! » pour reprendre le terme utilisé par une marraine qui voit son filleul, Hassan Dah, écoper de 30 ans de prison ferme. Marie-Jo sé Fressard, de l’association Solidarité-Maroc 05 (de Gap), avait déjà parrainé un prisonnier marocain du nom d’Ahmed Chaïb qui, lui, avait été condamné à 25 ans, mais libéré depuis. Elle a pu le voir à sa sortie de prison et noue toujours des liens amicaux avec lui et sa famille au centre du Maroc. Elle a accepté de renouveler l’expérience avec le Sahraoui Hassan Dah et elle est catastrophée par le verdict car elle pense que si celui-ci venait à être confirmé en appel, cela veut dire pour elle qu’elle ne pourra jamais l’accueillir à sa sortie, vu son âge.

Notre campagne de parrainage a du pain sur la planche. Nous devons tout mettre en œuvre pour maintenir la pression sur les autorités marocaines et pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques et syndicaux au Maroc et pour permettre à Marie-Jo sé de voir son filleul.

 

Voici donc pour débuter ce point hebdomadaire n°11, les très lourdes condamnations prononcées, ce matin à Rabat, contre les 24 Sahraouis membres du group Gdeim Izik :

– 8 condamnés à la perpétuité (Ahmed Sbaï, Sidi Abdeljalil Laâroussi, Abdallah Lakhfaouni, Mohamed El Bachir Boutingiza, Brahim Ismaïli, Sid Ahmed Lamjayed, Mohamed Bani, Sidi Abdallah Abman). Un neuvième qui n’est pas sur nos listes a été condamné également à la perpétuité par contumace. Il s’agit de Hassana Aâlia 

– 4 condamnés à 30 ans de prison ferme (Enaâma Asfari, Cheikh Banga, Hassan Dah, Mohamed Bourial)

– 7 condamnés à 25 ans de prison ferme (Deich Eddaf, Mohamed Lamine Haddi, Mohamed Mbarek Lefkir, Mohamed Khouna Babait, El Bakai Laarabi, Elhoucine Ezzaoui, Abdallah Toubali)

–  2 condamnés à 20 ans de prison ferme (Khadda El bachir, Mohamed Tahlil)

– 3 condamnés à la durée déjà passée en prison (Abderrahmane Zayou, Taki Elmachdoufi et Mohamed El Ayoubi qui était déjà en liberté provisoire pour des raisons de santé)

L’ASDHOM qui avait publié un rapport fait par les observateurs étrangers ayant assisté, le 1er février, à l’ouverture du procès, a reçu un nouveau rapport intermédiaire établi par Maître France Weyl, avocate à Paris et membre de l’Association Internationale des Juristes Démocrates et qui a assisté aux trois premiers jours du procès. Vous le trouverez sur la rubrique « Témoignages et lettres » du sitewww.asdhom.org

Nous attendons aussi le rapport du groupe d’observateurs marocains constitué d’associations de la société civile marocaine se préoccupant de la défense des droits de l’Homme. Nous signalons à ce propos qu’une associative, en l’occurrence la Ligue Marocaine pour la Citoyenneté et les Droits de l’Homme, s’est retirée de ce groupe d’observation. Elle a signalé son retrait par communiqué où elle exprime sa crainte quant au manque de garanties d’un procès équitable et de voir juger des civils par un tribunal militaire.

 

Groupe 20-Février de Casablanca : Le Rappeur du 20-février, Mouad Belghouat (El-Haqed) et le poète Younes Belkhdim ont suspendu le 15 février leur grève de la faim. Ils ont eu des assurances de la direction de la prison Oukacha pour l’amélioration de leurs conditions de détention. Leurs écrits, qui leur servent de paroles de chanson ou de poèmes, leur ont été restitués. Rappelons que Mouad a été arrêté le 29 mars 2012 et condamné à un an de prison ferme. Il doit donc quitter la prison à la fin mars 2013.

Toujours à Casablanca, la mafia de l’immobilier continue de faire des victimes. L’ASDHOM a reçu une lettre d’une famille qui vient d’être expulsée de son logement situé à l’ancienne Médina. La mère, Hasna Ghamas, maman de deux petites filles et enceinte d’un mois, a été mise en garde à vue par le procureur du roi après un passage par la Wilaya de Casablanca. Sa sœur qui nous a contactés n’a même pas pu lui rendre visite sachant qu’elle est malade et qu’elle a eu une hémorragie interne nécessitant une hospitalisation.

 

UNEM-Marrakech : Nous avons appris hier, 16 février, qu’une quinzaine de militants de l’UNEM dont neuf Sahraouis ont été arrêtés à Marrakech. Un commando de police et de la DST a procédé aux fouilles et à leur arrestation dans le quartier Daoudiat. Nous avons les noms des étudiants arrêtés, mais pas plus d’information quant à leur arrestation.Tout laisse à croire que la police est sur les dents en ce moment de préparation du deuxième anniversaire du mouvement 20-Février. A Tiflet par exemple, la police a arrêté pour quelques temps des jeunes qui distribuaient des tracts appelant au rassemblement du 20 février. Leur matériel (tracts et mégaphone) a été saisi.

 

Groupe UNEM-Taza : Les familles des quatre prisonniers politiques (étudiants), incarcérés à la prison locale de Taza, ont publié le 5 février un communiqué dans lequel elles dénoncent les conditions désastreuses qui vivent leurs fils à l’intérieur de la prison. Tarek Hammani, Abdessamad Haidour, parrainés par la présidente de l’Association des Marocains de France AMF, Mhamed Boubsi et Jawad Ababou, condamnés de 4 à 6 ans de prison ferme, sont constamment violentés et menacés de mort par des prisonniers du droit commun à la solde de la direction de la prison. Deux d’entre eux sont empêchés de poursuivre leurs études. Les familles demandent leur libération et dénoncent les exactions dont ils font face à l’intérieur de la prison.

 

Groupe Imider (Nouveau) : L’un des animateurs et membre du comité de dialogue qui représente la population locale d’Imider dans son combat contre les responsables des mines, propriété de Managem, une société appartenant au roi du Maroc, a été arrêté le 13 février 2013 par la gendarmerie royale. Il s’agit d’Idir du comité « sur la voie de 96 » en sit-in depuis août 2011. Nous ne savons pas dans quelles conditions et quel sort lui a été réservé. Nous reviendrons sur le sujet dès qu’on a tous les éléments.

 

Groupe UNEM-Meknès : L’ASDHOM a reçu des prisonniers politiques, incarcérés à la prison Toulal de Meknès et toujours en attente de procès, un rapport en arabe sur les événements qui ont secoué l’université de Meknès en décembre 2012 et suite auxquels ils ont été arrêtés. Le rapport contient également une fiche d’identité pour chacun des sept étudiants, militants de l’UNEM. Leurs fiches seront complétées sur le site de l’ASDHOM dès que la traduction sera faite.

 

Sur le plan des libertés démocratiques et notamment la liberté d’association, l’ASDHOM a reçu de la part d’ATTAC-Maroc (sujet déjà évoqué dans le point hebdomadaire n°10) un communiqué émanant d’Omar Aziki, son secrétaire général, pour dénoncer le recours en Appel décidé par les autorités de Rabat suite à la décision du tribunal administratif de Rabat favorable à la délivrance du récépissé à l’association ATTAC. Vous trouverez en pièces jointes le communiqué en question et la lettre type de protestation pour soutenir l’association dans son droit à un récépissé légal.

 

Pour finir ce point hebdomadaire, nous rappelons que :

         l’ASDHOM se rendra à Dijon, le samedi 23 février, pour participer au débat organisé par l’ATMF-Dijon sur la situation des droits de l’Homme au Maroc

         Le secrétaire général de l’ASDHOM est invité au CA de l’ATMF-Argenteuil, le vendredi 1er mars, pour exposer et parler de la campagne de parrainage

         L’ASDHOM tient son assemblée générale élective le samedi 2 mars 2013 à Nanterre (voir convocation sur le sitewww.asdhom.org)

 

Bien cordialement,

Pour le bureau exécutif

Ayad Ahram

Secrétaire général de l’ASDHOM

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