Un procès pour les 23 militants sahraouis de Salé

Posted on février 9, 2013


Nouvelles du Sahara :

Les 23 militants Sahraouis détenus dans la prison militaire de Salé (Rabat), pour la plupart d’entre eux depuis novembre 2010, au moment du démantèlement par les forces de l’ordre du Maroc du camp de protestation de Gdeim Izik, sont jugés devant le tribunal militaire de Rabat au Maroc.

Mercredi soir, entre les deux premières audiences qui devaient juger devant le tribunal militaire de Rabat les militants sahraouis emprisonnés arbitrairement par le Maroc, l’ambiance était à la veillée d’armes… Un groupe de soutien, dont Claude Mangin, l’épouse française de Naâma Asfari, (sur laquelle le magazine La Vie a publié un long papier en Janvier dernier) était réuni à la maison des familles près de Salé.

« Cette fois, c’est sûr, l’audience va bien avoir lieu« , expliquait Claude Mangin. Jusque là, elle ne croyait pas à un procès. Déjà, il avait été reporté in extremis à deux reprises, en janvier 2012 puis en octobre dernier.

Que réserve ce procès ?

« Les risques sont sérieux et les atteintes aux principes élémentaires du droit à un procès équitable sont nombreuses et majeures« , explique France Weyl, avocate française, sur place déjà le vendredi 1er février pour le premier jour d’audience et qui avait prévu de retourner au Maroc ce vendredi 8 février.

Selon le rapport de la mission d’observation judiciaire composée de sept personnes (avocats, représentants d’ONG et de deux élus français), l’acte d’accusation qui clôture la procédure d’instruction en date du 3 novembre 2011 laisse apparaître les charges suivantes :

-d’avoir formé une bande criminelle visant à exercer la violence contre les hommes de la force publique pendant leur service, allant jusqu’au meurtre,
-d’avoir participé à la violence contre les hommes de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions, allant jusqu’au meurtre,
-d’avoir profané un cadavre.

En ce premier jour du procès, d’importantes forces de l’ordre sont présentes, jusque dans la salle d’audience. Ce que ne manque pas de relever les sept avocats de la défense. « C’est le signe d’un manque d’indépendance de la Cour, ont-ils fait valoir. Rien ne justifie que la salle soit remplie de militaires et d’officiers gradés alors que les détenus et leurs familles ont toujours montré un comportement exemplaire et calme. »

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