Gdeim Izik : horreur et doutes…

Posted on février 5, 2013


Solidarité Maroc :

Par M-J F, solidmar, 4/3/2013

J’ai lu que le 1er février, comme le procès des 24 prisonniers politiques sahraouis avait été reporté –pour la troisième fois, guerre des nerfs oblige- la fameuse vidéo-preuve de la cruauté des Sahraouis a été projetée  aux familles des 11 policiers marocains tués à Gdeim Izik, suscitant une émotion compréhensible. Triste preuve que la violence engendre la violence…

Cette vidéo, diffusée sur Internet bien après le démantèlement du camp, je l’avais vue, et comme  tous ceux qui l’ont visionnée, j’en ai eu un haut le cœur consterné…Puis je l’ai  visionnée plusieurs fois, et elle m’a inspiré les doutes suivants que j’ai gardés en mémoire :

Un Marocain  est étendu sur la route, et non dans un endroit dissimulé, mais bien en vue de la caméra de l’hélicoptère : seul, personne autour de lui pour  le secourir ou l’évacuer, alors que tout le camp est en effervescence ! Un “Sahraoui” s’approche, et tranquillement se prépare à uriner sur le cadavre, sans se soucier de l’hélicoptère qui tourne au-dessus de lui, alors que personne n’ignore que l’hélicoptère a surtout pour mission de filmer les “terroristes”, pour les identifier . Je n’ai alors pas pu m’empêcher de penser qu’il pourrait s’agir d’un montage, d’une grossière et coupable mise en scène avec, peut-être, un mannequin…
Et depuis que  j’ai appris que les procès de prisonniers politiques sont fabriqués à partir d’aveux arrachés sous la torture, que  les mensonges de la presse aux ordres de la monarchie ne sont un mystère pour personne, je pense que tout est possible… N’a-t-on pas eu dernièrement la preuve, grâce à une caméra de surveillance, que de la drogue a été dissimulée dans une camionnette, pour faire accuser et emprisonner son propriétaire, un responsable syndical des mines de la région de Ouarzazate, pour trafic de drogue ? La propagande du makhzen se sert de tous les subterfuges…

Le nombre de 11 Marocains tués est peut-être réel, même si, d’après certaines informations leurs noms ne sont pas tous connus,  et qu’on est étonné que ces  martyrs ne semblent  pas avoir été enterrés officiellement avec les honneurs dus aux héros… Par contre  la mort d’ un seul Sahraoui est une de toute évidence une contrevérité. Najem, le gamin de 14 ans tué à bout portant par balle  alors qu’il était venu apporter de la nourriture à ses parents, n’est pas la seule victime des forces de police marocaines. On sait que d’autres Sahraouis ont été tués : l’un à l’arme à feu entre les yeux, un autre écrasé avec insistance par un véhicule militaire, mais comme leur autopsie a toujours été refusée, ils ne sont jamais comptabilisés dans les bilans officiels ! D’autres victimes  seront sans doute révélées au cours du procès, si toutefois des témoins peuvent s’exprimer… On sait aussi que des morts n’ont pas été déclarés par peur de représailles.

On peut comprendre mais pas tout approuver que, au cours d’une agression d’une telle violence en pleine nuit contre des civils, des familles entières y compris  bébés et vieillards, avec gaz lacrymogènes, canons à eau  chaude, hurlements de sirènes, tentes systématiquement incendiées…  des hommes cherchent à se venger, à défendre leur famille et leur pays qui subit une colonisation illégale et combien répressive depuis 35 ans ! Dans un tel combat on est terroriste pour les uns et héros pour les autres. Les Sahraouis n’avaient pas d’armes à feu, alors qu’il existe des preuves que les forces de l’”ordre” marocaines s’en sont servies, et que des douilles ont été retrouvées …
La presse nous  a appris que ce sont de très jeunes éléments de la police qui ont été envoyés à Gdeim Izik pour démanteler le camp. Avaient-ils assez de “bouteille” pour accomplir cette « mission » avec sang froid, sans bavures ?
Voilà des questions que je me pose depuis deux ans. L’approche de la date – éventuelle – du procès les a rendues encore plus présentes.  Espérons que la vérité et la justice en triompheront.
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