Le Monde : Les syndicats dans la rue pour capter le vote des agriculteurs

Posted on janvier 20, 2013


Le Monde :

Mercredi 16 janvier, les syndicats agricoles ont fait le coup de force dans la rue. La date ne devait rien au hasard. Depuis quelques jours, les agriculteurs reçoivent chez eux leurs bulletins de vote. Ils ont en effet jusqu’au 31 janvier pour choisir leurs représentants aux chambres d’agriculture. Cette élection, qui n’a lieu que tous les six ans, fixe le rapport de force syndical dans la profession.

Dès 6 heures, des militants d’Ile-de-France de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) étaient sur les Champs-Elysées avec ordre de se diriger vers le ministère de l’agriculture pour y déverser paille et pneus et scander des slogans hostiles à l’hôte des lieux, Stéphane Le Foll. Et à 11 heures, c’était au tour des militants de la Confédération paysanne d’étendre de la paille devant l’Assemblée nationale.

Pour la FNSEA, associée aux Jeunes Agriculteurs, les opérations ne se sont pas limitées au pavé parisien. Dès mardi soir et mercredi, le déversement de fumier et de paille, l’embrasement de pneus et la dispersion de parpaings, étaient organisés du Mans à Rennes, en passant par Nancy, Auxerre ou Nîmes.

La FNSEA, qui défend sa position de syndicat majoritaire, a choisi de dénoncer la mise en œuvre sur le territoire de la directive européenne contre les nitrates. La France est menacée de sanctions financières, en 2013, par Bruxelles pour non-respect de cette directive adoptée en 1991.

DES DOLÉANCES TRÈS VARIÉES

Après les poursuites engagées en février 2012, Paris a décidé de réviser, dans les six bassins fluviaux, les zones polluées ou menacées de pollution. Désormais, ce sont 18 860 communes qui sont classées en « zones vulnérables », soit 860 de plus qu’en 2012.

Dans un communiqué commun, publié mercredi, M. Le Foll et la ministre de l’écologie, Delphine Batho, ont annoncé« une phase de négociation avec les professionnels dès la fin du mois », soit après les élections. Ils ont aussi rappelé qu’un plan de méthanisation pour la valorisation des effluents d’élevage sera présenté au printemps.

Pour le syndicat minoritaire Coordination rurale, cette mobilisation sur les nitrates est « une manipulation électoraliste de la FNSEA », qui, à son sens, a été « complice des réglementations successives en matière de contraintes environnementales ».

La Confédération paysanne a choisi, elle, comme thème de campagne « Sauvons l’élevage ». Ses militants demandaient, devant l’Assemblée nationale, un débat parlementaire sur la politique agricole souhaitée par la France.

Elle dénonce aussi l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Maroc qui fragiliserait certains maraîchers français. la Confédération a annoncé, jeudi 17 janvier, avoir saisi le tribunal de commerce de Tarascon (Bouches-du-Rhône) ; elle accuse la société française Idyl de concurrence déloyale. Celle-ci produit des primeurs au Sahara occidental et bénéficie pourtant de cet accord de libre-échange, alors que l’UE ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Par Laurence Girard

Advertisements