Procès des 24 Sahraouis prisonniers politiques du groupe « Gdaym Izik », annonce ou réalité ?

Posted on janvier 5, 2013


ASVDH :

El Aaiun / Sahara occidental
04 janvier 2013
Pour la troisième fois, la cour martiale de Rabat a fixé une date pour le procès des 23 prisonniers politiques sahraouis incarcéré dans la prison de Salé depuis le démantèlement le 8 novembre 2010 par les forces marocaines du camp de Gdaim Izik près d’El Aaiun (Sahara Occidental).La date annoncée est le 1er février 2013.
Depuis leur incarcération, les prisonniers sahraouis Abdulahi Lakfawni, Abdullahi Toubali, Ahmed Sbai, Babait Mohamed Juna, Brahim Ismaïli, Cheikh Banga, Deich Eddaf, El Ayoubi Mohamed, El Bachir Khadda, El Houssin Ezzaoui, Enaama Asfari, Hassan Dah, Laaroussi Abdeljalil, Taki Elmachdoufi, Mohamed Bani, Mohamed Bourial, Mohamed El Bachir Boutinguiza, Mohamed Embarek Lefkir, Mohamed Lamin Haddi, Mohamed Tahil, Sid Ahmed Lemjiyed, Sidi Abdallah Bahah, Sidi Abderahmane Zayou, et Laarabi Lbakay ont observé quatre grèves de la faim afin d’alerter l’opinion publique et revendiquer l’amélioration de leurs conditions de détention, la tenue d’un procès juste et équitable devant une juridiction civile ou leur libération inconditionnelle.
El Ayoubi Mohamed, mis en liberté provisoire du fait de son très mauvais état de santé devra lui aussi comparaître.

Les prisonniers sahraouis, militants des droits de l’homme, sont arbitrairement accusés notamment d’ »atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, formation d’une bande criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction « . Selon la loi marocaine, ils risquent la réclusion à perpétuité.
Les prisonniers sont en détention provisoire, sans inculpation depuis plus de deux ans. Ce qui est illégal selon le code pénal marocain.
Nous vous rappelons que la cour a reporté sine die la première audience prévue le 13 janvier 2012, de même que la deuxième du 24 octobre 2012

Le camp de Gdeim Izik a été mis en place par des milliers de Sahraouis en 2010 à proximité de la capitale du Sahara Occidental, El Aaiún. Les habitants du camp appelaient à une amélioration de leurs conditions de vie et exigeaient le respect de leur droit à un référendum sur l’indépendance sous l’égide de l’ONU tel qu’il est promis depuis 1991. Les autorités marocaines ont détruit le camp, provoquant de graves dommages et de nombreuses arrestations accompagnées de traitements cruels.

L’ASVDH exprime sa vive préoccupation concernant le procès des détenus sahraouis. En effet les prisonniers sont civils et ils doivent être déférés devant un tribunal militaire, celui ci n’a pas la compétence.

L’ASVDH appelle toutes les organisations internationales des droits de l’homme, de juristes solidaires, les observateurs à venir assister à ce procès.
Votre présence est importante, de même que celle des représentants des ambassades.

En dépit des rapports sur les violations des droits de l’homme au Sahara occidental, la MINURSO, la Mission des Nations Unies dans la région, est la seule des missions de paix dans le monde à ne pas comprendre dans son mandat la surveillance des droits de l’homme.

ASVDH
Le 04 janvier 2013