Sahara Occidental – Vu d’Alger, le roi Mohammed VI est allé trop loin

Posted on novembre 16, 2012


Slate Afrique : Le discours prononcé le 6 novembre 2012 par Mohammed VI ne va pas forcément améliorer les relations entre Alger et Rabat.

A l’occasion du 37e anniversaire de la «marche verte» de 1975, l’une des étapes les plus marquantes du «parachèvement de l’intégrité territoriale du royaume marocain», le roi a prononcé un discours qui ne laisse pas le voisin algérien indifférent, rapporte le quotidien algérien francophone El Watan.

Le 6 novembre 1975, des milliers de Marocains avaient répondu à l’appel lancé par Hassan II et s’étaient dirigés vers les provinces du Sud pour les libérer de l’occupation espagnole.

37 ans plus tard, la question du Sahara occidental n’est toujours pas réglée. Et les relations entre l’Algérie et le Maroc ne son pas prêtes de se normaliser.

Dans son dernier discours, le roi Mohammed VI appelé la communauté internationale à «mettre un terme au drame enduré par les séquestrés à Tindouf, à l’intérieur du territoire algérien, où sévissent, dans toute leur cruauté, la répression, la coercition, le désespoir et les privations, en violation flagrante des droits humains les plus élémentaires».

Il a aussi réitéré la «détermination du Maroc à ne permettre en aucune manière et sous aucun prétexte que le sort du Sahara soit tributaire des calculs et des basses manœuvres des autres parties».

Mais pour Alger, le souverain alaouite «a été trop loin cette fois».

Selon un haut responsable algérien, c’est bien le Maroc et non l’Algérie qui serait fautive:

«Nous le disons calmement, sans virulence et loin du ton réquisitorial auquel on nous a habitués, c’est bien le Maroc qui a torpillé le processus de normalisation des relations entre nos deux pays alors que nous étions engagés dans une dynamique constructive visant à assainir nos relations bilatérales.»

«Alger ne digère pas les propos du jeune roi», écrit El Watan.

Surtout que les discussions allaient dans le bons sens et qu’Alger était prêt à accepter une réouverture des frontières et une normalisation des relations avec le Maroc au terme des négociations, laisse entendre le quotidien algérien.

Quand le roi du Maroc déclare qu’il «ne cesse d’appeler à la normalisation, y compris l’ouverture de la frontière, conformément aux vœux d’un certain nombre de pays et d’organisations internationales», les responsables algériens répondent que la bonne volonté vient d’abord d’Alger et pas de Rabat.

«Alger reproche à Rabat d’avoir mobilisé ses médias pour casser l’Algérie malgré la promesse et l’engagement antérieurs», explique El Watan.

Sur le dossier du Sahara occidental, les autorités algériennes soulignent le «volte-face inattendu de nos voisins qui ont décidé de désavouer le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU dans une vaine tentative de changer les règles du jeu».

La sincérité ne serait pas au rendez-vous, ce qui empêche, selon Alger, toute normalisation entre les deux pays, et ce malgré les volontés proclamées de normalisation.

Lu sur El Watan