Maroc – Monarchie et liberté de la presse ne font pas bon ménage

Posted on octobre 29, 2012


Slate Afrique :

La monarchie alaouite marocaine à nouveau dans la ligne de mire des organisations des droits de l’homme. En retirant l’accréditation du journaliste de l’agence France-Presse (AFP) Omar Brouksy, la monarchie sape la liberté d’expression et de la presse.

Ce n’est pas la première fois que les autorités refusent l’accréditation à Omar Brouksy, qui est un citoyen marocain, rappelle l’ONG Human Rights Watch.

Le 4 octobre 2012, les autorités ont retiré son accréditation, citant une dépêche publiée le même jour sur une compétition électorale, où Omar Brouksy notait que le fondateur d’un parti politique était proche du palais royal.

Le 29 octobre 2010, les autorités marocaines décidaient de fermer le bureau de la chaîne de télévision Al Jazeera, en réponse à sa façon de couvrir les événements sur le territoire contesté du Sahara occidental.

«Un pays qui respecte la liberté d’expression ne devrait pas confisquer de carte de presse parce que la monarchie a été mentionnée dans le mauvais contexte, ni fermer certains bureaux de médias d’information parce qu’il n’apprécie pas leur couverture», a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

L’ONG Human Rights Watch revient sur l’article à l’origine de la perte d’accréditation:

Il décrivait la course électorale à Tanger comme axée sur une rivalité entre le Parti de la Justice et du Développement (islamiste), qui a remporté la majorité relative aux élections législatives, et «des candidats proches du palais royal se présentant sous la bannière du Parti authenticité et modernité (PAM), fondé en 2008 par Fouad Ali El Himma, un proche du roi Mohammed VI». L’article évoquait aussi une «lutte de pouvoir entre gouvernement et palais royal».

La réponse du gouvernement fut sans appel et sans retenue: l’annulation de l’accréditation à cause d’une «dépêche anti-professionnelle», contenant «des allégations mêlant l’institution monarchique à cette compétition électorale», et donc «portant préjudice à sa position de neutralité et à son rôle d’arbitre se situant au-dessus de toute concurrence électorale entre les formations politiques».

Lu sur Human Rights Watch