Sahara : Rabat ne respecte pas les droits humains, selon la Fondation Kennedy

Posted on septembre 4, 2012


Afp :

RABAT — Le Maroc ne respecte pas les droits humains au Sahara occidental, affirme la Fondation Robert-Kennedy dans un rapport préliminaire publié au terme d’une visite dans cette région où règne, selon elle, un « climat de terreur » du fait notamment de l’omniprésence policière.

Cette Fondation, dirigée par Kerry Kennedy, a déjà rédigé par le passé un rapport critique sur la situation au Sahara occidental et elle est accusée par Rabat de parti pris en faveur du mouvement indépendantiste Polisario.

« Nous nous étonnons de la rapidité avec laquelle a été élaboré ce document qui s’aligne sur les thèses de l’autre partie », a réagi lundi soir auprès de l’AFP le porte-parole du gouvernement, Mustapha al-Khalfi, dénonçant « la nature biaisée de cette organisation » et assurant que Rabat poursuivrait « la consolidation des droits de l’Homme dans toutes les régions du royaume ».

Dans son rapport préliminaire transmis à l’AFP, la Fondation Kennedy, qui a bouclé sa visite au Sahara occidental le 27 août, note quelques évolutions positives depuis son précédent séjour, début 2011, comme l’adoption d’une nouvelle Constitution au Maroc garantissant, entre autres, « une plus grande liberté d’expression ».

Elle se félicite aussi du rôle du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un organisme officiel dont elle a rencontré la semaine dernière les membres lors d’un passage à Rabat.

Mais la Fondation dresse un réquisitoire contre les autorités marocaines dans le récit de son séjour à Laâyoune, la capitale du Sahara occidental.

« L’omniprésence des forces de sécurité, les violations du droit à la vie, à la liberté, à l’intégrité physique, à la liberté d’expression, de réunion et d’association crée un climat de terreur et d’intimidation en violation de la loi et du respect des droits humains », affirme le rapport.

La Fondation, qui dénonce un « quasi état d’impunité s’agissant des violations des droits humains », demande « au gouvernement du Maroc de mettre un terme au recours à la violence à l’encontre des Sahraouis pro-indépendance ».

A titre d’exemple, elle se plaint de la surveillance très étroite dont elle a été l’objet et déclare avoir assisté à une scène de violence contre une manifestante.

« L’oppression contre ceux qui critiquent le gouvernement (…) n’est pas digne du royaume du Maroc, qui a fait des progrès considérables au cours de la dernière décennie en matière de garanties des droits humains », conclut Kerry Kennedy.

Durant sa visite au Maghreb, la Fondation s’est également rendue dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, en Algérie, qui soutient le Polisario, mais elle n’y consacre qu’une brève partie de son rapport.

« Les conditions de vie y sont insuffisantes et après bientôt quatre décennies (elles) ne sont plus acceptables et affectent gravement les vies (…) de plus de 100.000 » réfugiés, est-il écrit.

Sur ce point, M. Khalfi a dit regretter que « la situation des droits humains à Tindouf n’ait pas été soulevée ».

Le Maroc propose une large autonomie, sous sa souveraineté, au Sahara occidental, ex-colonie espagnole annexée en 1975, ce que rejette le Polisario.