Sahara occidental : le Maroc retire sa confiance à l’envoyé de l’ONU

Posted on mai 18, 2012


RFI : 

Sahara occidental : le Maroc retire sa confiance à l’envoyé de l’ONU

Les relations entre le Maroc et les Nations unies sont tendues. Jeudi 17 mai, le royaume chérifien a décidé de retirer sa confiance dans l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross. En cause : ses décisions jugées « partiales et déséquilibrées ». La dégradation des relations fait suite à un rapport publié par l’ONU qui réclame au Maroc d’améliorer la relation des droits de l’homme dans la partie du Sahara occidental qu’il contrôle.

Le communiqué du gouvernement reste très vague sur les raisons de cette rupture. Le texte parle de comportements contrastés de Christopher Ross et d’une « méthode de travail déséquilibrée et partiale ». Pour le Maroc, l’envoyé spécial des Nations unies n’est pas assez impartial.

Dès le début de son mandat en 2009, les Marocains étaient méfiants. Christopher Ross avait été ambassadeur des Etats-Unis en Algérie de 1988 à 1991. En quelque sorte, une expérience du côté de l’ennemi dans le dossier du sahara occidental. Trois ans plus tard, c’est ce même soupçon de favoritisme algérien qui a provoqué la rupture. Le dernier rapport des Nations unies sur le Sahara occidental demande au Maroc « d’améliorer la situation des droits de l’homme dans la partie qu’il contrôle ». Ces remarques ont agacé, avoue une source bien informée.

Enfin, les Marocains disent que trois ans est une période d’essai bien assez longue pour faire avancer les négociations. Or, neuf rounds de pourparlers plus tard, les positions restent inchangées. Le Maroc propose toujours une autonomie avancée sous souveraineté marocaine. Le Front Polisario, lui, réclame l’indépendance du Sahara.

Slate Afrique : 

Sahara Occidental – Le Maroc ne veut plus négocier avec l’émissaire de l’ONU

L’émissaire spécial des Nations Unies chargé de la question du Sahara Occidental, Christopher Ross, a été déclarépersona non grata par le gouvernement du Maroc le 17 mai, rapportent plusieurs titres de la presse marocaine.

Cela devait finir par arriver, tant les négociations sur Sahara Occidental, entre le Maroc et le Front Polisario —la partie saharaouie— n’avançaient pas:

«Nous avions constaté des déséquilibres dans l’action de monsieur Ross, dans son traitement de la question du Sahara, explique le ministre marocain des Affaires étrangères Saad Eddine El Otmani, cité par le site E-Marrakech.

Le processus de négociations sous sa direction, s’est démantibulé …. Nous nous sommes retrouvés à perdre notre temps à traiter des questions sommaires, en délaissant le fond du sujet

Les réactions des différentes parties impliquées dans le processus n’ont pas tardé à se faire entendre. Le porte parole du ministère algérien des Affaires étrangères d’abord, cité par Tout sur l’Algérie:

«Ce que je peux dire, pour le moment, c’est que l’Algérie a toujours soutenu les efforts inlassables menés par l’Ambassadeur Christopher Ross pour accompagner les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, dans la recherche d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental»

En prenant cette décision, le Maroc a demandé à Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies d’en tirer les conséquences et de prendre ses responsablilités. Ce à quoi il a répondu garder toute sa confiance en M. Ross.

Le Front Polisario a quant à lui fait part de sa «volonté de poursuivre son soutien et sa coopération loyale» avec l’émissaire américain des Nations unies, rapporte l’AFP.

Le 15 mai, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait tenu des consultations sur la question du Sahara occidental, et avait «salué les efforts déployés par Christopher Ross, pour aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable», explique le quotidien Libération.

Ce journal marocain rappelait que ces consultations se tenaient «en prélude à la prorogation, la semaine suivante, du mandat de la Minurso», la force des Nations Unies présente dans la région.

Avec un tel retournement de situation, rien n’est moins sûr.

Lu sur E-MarrakechTout sur l’AlgérieAFP et Libération

TV5 MONDE : 

Sahara: la décision marocaine envers l’émissaire de l’ONU « infondée »

La décision du Maroc de retirer sa confiance à l’émissaire de l’ONU au Sahara occidental Christopher Ross, est « infondée » et « arbitraire », a déclaré vendredi à l’agence algérienne APS le Front Polisario.

voir le zoom : L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, le 19 mars 2010 à RabatL’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, le 19 mars 2010 à Rabat
AFP/Archives – Abdelhak Senna

La décision du Maroc de retirer sa confiance à l’émissaire de l’ONU au Sahara occidental Christopher Ross, est « infondée » et « arbitraire », a déclaré vendredi à l’agence algérienne APS le Front Polisario.

Le Polisario estime « infondée et arbitraire la décision du Maroc de retirer sa confiance à M. Ross dans la poursuite de (sa) mission pour la recherche d´une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental garantissant le droit du peuple sahraoui à l´autodétermination », a déclaré le ministère sahraoui de l’Information.

« Cette décision, aussi grave qu’injustifiée, est un nouveau défi intolérable et inadmissible du Maroc à la communauté internationale, au Secrétaire général de l’ONU et au Conseil de sécurité qui, dans sa résolution 2044 du 24 avril dernier, a considéré le statu quo inacceptable et +a réaffirmé son soutien à M. Ross, et à l’action qu’il mène pour faciliter les négociations entre les parties+ », a ajouté le Polisario.

Le Maroc a accusé jeudi M. Ross de mener un travail « partial et déséquilibré », quelques semaines après un rapport des Nations unies sur cette zone conflictuelle, et annoncé qu’il lui retirait sa confiance.

Le rapport de l’ONU mettait en cause des agissements des autorités de Rabat au Sahara occidental, occupé par le Maroc depuis 1975 et revendiqué par le Polisario, soutenu par Alger.

M. Ross avait été désigné en janvier 2009 émissaire spécial pour le Sahara par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

« Le Maroc veut s’arroger, sans vergogne, le droit de dicter au Secrétaire général de l’ONU le contenu de ses rapports au Conseil de sécurité et de décider de la conduite que doit suivre » M. Ross, a encore estimé le Polisario.

Rabat « veut, par la même, tout faire pour réduire à néant la crédibilité et la neutralité opérationnelles de la Minurso (mission de l’Onu au Sahara Occidental), tel que décrié dans le dernier rapport du Secrétaire général », a-t-il ajouté.

Le Polisario a renouvelé « sa volonté poursuivre son soutien et sa coopération loyale » avec M. Ross et a lancé un « appel pressant » au Conseil de sécurité pour qu´il prenne les « mesures et décisions nécessaires à même de sauvegarder et protéger l´autorité de l’ONU ».

Sahara occidental: Rabat retire sa confiance à l’émissaire de l’ONU

Le Maroc a accusé jeudi l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental Christopher Ross de mener un travail « partial et déséquilibré », quelques semaines après un rapport des Nations unies sur cette zone conflictuelle, et annoncé qu’il lui retirait sa confiance.

Le rapport de l’ONU mettait en cause des agissements des autorités de Rabat au Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc depuis 1975 et revendiqué par le Polisario, soutenu par Alger.

Dans un communiqué obtenu par l’AFP, le gouvernement marocain affirme que le travail de l’émissaire a été marqué par une « méthode déséquilibrée et partiale ».

« Les comportements contrastés de M. Ross s’écartent des grandes lignes qui ont été tracées par les négociations au Conseil de sécurité. Pour cela, le Maroc a décidé de retirer sa confiance » à l’émissaire de l’ONU au Sahara occidental, ajoute le communiqué.

« M. Ross s’est éloigné du mandat qui lui a été confié par le secrétaire général de l’ONU en sa qualité de facilitateur et qui consiste à aider les parties à parvenir à une solution politique », a ensuite déclaré à l’AFP le ministre délégué marocain aux Affaires étrangères Youssef Amrani.

L’Américain Christopher Ross avait été désigné en janvier 2009 émissaire spécial pour le Sahara par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Réagissant à l’attitude défiante du Maroc, M. Ban a affirmé avoir « toute confiance en Christopher Ross », selon le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky.

Le ministre marocain des affaires étrangères, Saad Dine Otmani, avait rencontré Ban Ki-moon la semaine dernière pour lui faire part des « préoccupations » de Rabat à propos de ce rapport très critique envers les autorités marocaines, accusées de compliquer le travail des Casques bleus de la Mission de l’ONU au Sahara occidental (MINURSO).

Le Conseil de sécurité avait ensuite adopté, le 24 avril, une résolution prolongeant d’un an le mandat de la MINURSO, tout en demandant au Maroc « d’améliorer la situation des droits de l’homme » dans ce territoire qu’il contrôle.

La résolution met en avant la nécessité de mettre en place des « mesures indépendantes et crédibles » pour surveiller le respect de ces droits, en étendant son champs d’action.

Pour Rabat, « M. Ross a dépassé ses prérogatives (…) Il s’est ingéré de façon flagrante dans un conflit où il est censé faire preuve de neutralité », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Selon cette source, l’émissaire américain a voulu « étendre le contrôle de la MINURSO sur différentes parties du Sahara ». Elle dénonce aussi ses positions « acharnées » sur les questions des droits de l’homme.

Rabat regrette également que M. Ross « ne suive pas » la position du Maroc sur la question du recensement des réfugiés sahraouis établis à Tindouf (sud-ouest algérien) sous le contrôle du front Polisario, a indiqué la source gouvernementale.

Le Maroc considère les réfugiés sahraouis de Tindouf -au nombre de plus de 160.000 selon le Polisario, la moitié, selon Rabat – comme étant des ressortissants marocains.

De son côté, l’Algérie a renouvelé jeudi son soutien aux efforts « inlassables » menés par M. Ross pour résoudre le problème du Sahara Occidental.

« L’Algérie a toujours soutenu les efforts inlassables menés par l’Ambassadeur Christopher Ross pour accompagner les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, dans la recherche d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », selon une déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Amar Belani, transmise à l’AFP.

Le Sahara Occidental est confronté à « des défis réels » que cette étude aborde de manière « lucide » et « courageuse », ajoute le ministère.

Les derniers pourparlers informels entre le Maroc et le Polisario sur le Sahara occidental, en mars près de New York, n’ont apporté aucun progrès sur le fond, avait indiqué M. Ross.

Le diplomate avait annoncé qu’il se rendrait dans la région à la mi-mai, « y compris pour une visite étendue au territoire du Sahara occidental », la première du genre en tant qu’émissaire de l’ONU. Une telle visite paraît désormais compromise.


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