Le Sahara occidental dans le Monde Diplomatique

Posted on février 13, 2012


 
1 février 2012

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Reportage que je publie ce mois-ci dans Le Monde Diplomatique, intitulé : Résistance obstinée des Sahraouis. Depuis la signature d’un cessez-le-feu entre le Front Polisario et le gouvernement marocain, toutes les tentatives de solution diplomatique au Sahara occidental ont échoué. Sur le terrain, la situation dégénère.
 

Wakkala est l’un de ces quartiers qui, surgis de terre ces deux ou trois dernières années, donnent à Dakhla, à l’extrême sud du Sahara occidental et aux confins de la Mauritanie, un air de ville en pleine expansion. Ici, comme sur l’ensemble de ce vaste territoire annexé par le Maroc en 1975 mais revendiqué par le Front Polisario, il est difficile de se déplacer sans éveiller les soupçons. Policiers de la sûreté nationale et éléments des Forces armées royales sont omniprésents. « Toutes ces forces de sécurité, c’est la peste ! Pour un policier en uniforme, il y en a dix en civil », s’indigne un résident étranger qui, comme beaucoup de nos interlocuteurs, souhaite garder l’anonymat.

Un tour rapide en voiture dans Wakkala permet de constater que les traces des dernières violences, qui ont éclaté à la fin du mois de septembre 2011, ont déjà disparu. « La wilaya [division administrative]s’est dépêchée de tout nettoyer, de tout déblayer », raconte Sidi. un Sahraoui d’une quarantaine d’années. Les autorités locales, qui se conforment à leur stratégie de « normalisation », évoquent dans chacun de leurs communiqués une ville « paisible et sereine ». Mais ces heurts, assure Sidi, sont encore dans tous les esprits et dans toutes les discussions.

Ce dimanche 25 septembre, à la fin d’un match de football, « des altercations éclatent entre supporteurs des deux équipes, raconte l’hebdomadaire marocain TelQuel. Un jeune Sahraoui aurait été agressé par des habitants originaires du nord du pays. (…) De jeunes Sahraouis courent chercher des renforts dans le centre-ville. Ils montent par dizaines à bord de véhicules tout-terrain et foncent vers le quartier de Wakkala  ». Mohamed, rencontré sur place au début de décembre, confirme cette version et décrit une véritable bataille. « Les Marocains étaient très nombreux, probablement plusieurs centaines,confie-t-il, à l’abri des oreilles et des regards indiscrets. Ils se sont approchés de nous. Les policiers les laissaient (…)