Le procès des 23 Sahraouis reporté

Posted on janvier 15, 2012


Demain Online :

Report inattendu et « illégal » du procès de Gdeim Izik

Rabat.- Le procès de 23 Sahraouis qui devaient comparaître vendredi 13 janvier pour violences aggravées lors du démantèlement en 2010 d’un campement de contestataires au Sahara a été reporté sine die par le tribunal militaire de Rabat, a‑t‑on appris jeudi auprès d’un avocat.

« Un substitut du procureur nous a informés du report de ce procès pour des raisons procédurales », a déclaré à l’AFP Lili Mohamed Fadel, avocat du barreau de Lâayoune, en qualifiant ce report d’« illégal selon la loi ». « A partir du moment où le parquet a officiellement fixé pour vendredi l’ouverture du procès, ce dossier devrait en principe relever d’un juge qui est le seul compétent pour décider du sort de ce procès. Selon la loi, le parquet n’a plus le droit de regard sur la date de l’ouverture ou du report de ce procès », a dénoncé Me Mohamed Fadel.

 Les 23 Sahraouis, dont deux bénéficient de la liberté provisoire, sont accusés de « meurtres avec préméditation, de désobéissance, de prise d’otages et d’exhibition comme un trophée de cadavres ». Le report du procès intervient alors que le nouveau gouvernement n’a pas encore été investi par le Parlement, ce qui devrait intervenir prochainement.
 
Le ministre de la Justice Mustapha Ramid, qui appartient au PJD (Parti de la justice et du développement), doit se pencher après l’investiture sur des dossiers chauds comme celui de prisonniers islamistes salafistes condamnés pour terrorisme et dont beaucoup clament leur innocence.
 
Le 8 novembre 2010, les autorités marocaines avaient démantelé à Lâayoune un camp de entre 10 000 et 30 000 contestataires sahraouis. Le bilan des victimes s’était élevé à 13 morts dont 11 parmi les forces de l’ordre, selon le ministère de l’Intérieur qui avait annoncé l’arrestation de 23 suspects sahraouis.
 
Selon le ministère, les contestataires sahraouis ont « délibérément assassiné des membres de forces de l’ordre, utilisé des couteaux, des cocktails Molotov ainsi que des bonbonnes de gaz incendiaire ».
 
Demain avec AFP
 
 
Le tribunal militaire de Rabat n’a que faire des règles élémentaires de la justice !
Aujourd’hui, vendredi 13 janvier, devait s’ouvrir en principe le procès des 23 Sahraouis, arrêtés dans le cadre de l’affaire du campement Gdim Ezzik. Ce campement, érigé à quelques kilomètres de Layoune au Sahara pour protester contre les conditions de vie des Sahraouis, a été démantelé violemment en novembre 2010 par les forces de l’ordre marocaines. Le tribunal militaire de Rabat qui instruit le dossier a décidé de reporter le procès et a informé les avocats de la défense de sa décision sans leur notifier pour autant les raisons et sans leur indiquer la nouvelle date. Plusieurs représentants de la presse internationale ainsi que des observateurs internationaux et des défenseurs des droits de l’Homme, venus observer et couvrir le procès, ont compris qu’ils n’étaient pas les bienvenus et ont saisi le message qu’adressent les autorités marocaines à l’opinion publique.
Parmi les 23 prévenus, tous des civils, se trouvent des défenseurs des droits de l’Homme, connus pour leurs opinions sur la conflit au Sahara, et des portes parole des familles du campement Gdim Ezzik qui ont participé aux négociations avec l’ex-ministre de l’Intérieur marocain et ses représentants dans la région. Ce groupe a déjà passé plus de 14 mois en détention préventive à Salé dans l’attente de son procès et a entrepris une grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention et réclamer sa libération.
L’ASDHOM considère que ce groupe a droit au respect et à un procès juste et équitable devant une juridiction civile. Elle demande aux autorités marocaines de dessaisir au plus vite le tribunal militaire et de procéder, sinon à la libération du groupe, du moins à sa comparution immédiate devant un tribunal civil. Maintenir des citoyens en état d’arrestation pendant une si longue durée sans procès est un déni de droit. Cela est tout à fait contraire au discours que tient le Maroc en matière de respect des droits de l’Homme.
Paris, le 13 janvier 2012
Bureau exécutif de l’ASDHOM

Equipe Média :

Procès injuste reporté à Rabat et solidarité pacifique violemment réprimée à El Aaiun

Le procès de 23 détenus politiques Sahraouis qui devaient comparaître aujourd’hui devant la cour martiale de Rabat a été reporté sine die selon le procureur général.

Alors que certains remettent en cause la légalité d’une telle décision, les familles et amis des détenus ont manifesté leur indignation et leur solidarité.

Les 23 détenus ont été arrêtés en novembre 2010, après le démantèlement par les forces d’occupation marocaines de la manifestation pacifique sous tente du camp de Gdeim Izik, qui avait regroupé 20 à 30 000 Sahraouis.

Aujourd’hui des dizaines de parents des détenus, des observateurs européens ont manifesté devant la cour de Rabat. Les bannières écrites en arabe et en français ont dénoncé la poursuite de citoyens civils par les tribunaux militaires.

Les manifestants ont été rejoints par des représentants de la coordination de Gdaim Izik et par des étudiants sahraouis. Le groupe a demandé aux autorités marocaines la libération immédiate des détenus politiques sahraouis.

À El Aaiun occupée aussi, des centaines de citoyens sahraouis ont manifesté aujourd’hui contre le report du jugement. Les manifestations de solidarité avec les détenus se sont tenues boulevard de Mezouar et Al Quds.

Il semble que les autorités marocaines d’occupation ont craint des telles manifestations étant donné le grand déploiement des forces de l’armée, de la police et des forces auxiliaires, en plus de dizaines d’agents civils et militaires des services de renseignement.

Les manifestants ont néanmoins crié leur solidarité aux détenus et revendiqué plus généralement le respect de leurs droits fondamentaux comme le droit à l’autodétermination.

Les forces d’occupation sont intervenues en violence contre les manifestants, blessant plus d’une trentaine de femmes et d’hommes, dont certains sont toujours à l’hôpital.

Les agents de police ont d’autre part attaqué la maison de la citoyenne Ghlaijilha Serrakh dans laquelle avaient pris refuge des citoyens sahraouis. Ils ont brutalisé et blessé Madame Ghlaijilha et sa fille Mahmouda Ahel Lhadj.

Messieurs Hammadi Filali et Rami Tayeb ont été arrêtés à 11h et conduit à la préfecture de police.  Ils n’ont toujours pas été libérés.

À Agadir, plus de 80 étudiants sahraouis ont organisé une manifestation au sein de la faculté des lettres en soutien aux prisonniers politiques du groupe dit de Gdaim Izik, et pour revendiquer le respect des droits des sahraouis.

À Smara occupée, dans le quartier Tan-tan, plus d’une trentaine de sahraouis ont manifesté leur solidarité aux détenus sahraouis de Gdaim Izik, en brandissant leurs photos et des drapeaux de la République Sahraouie.

La liste provisoire des blessés à El Aaiun suit.

Mesdames et mesdemoiselles

Salima Limam

Rabab Ali Baiba

Hadi Minatou

Lmjaied Mbarka

Aiaich Maigaf

Nafaai El Ghalia

Mossaoui Malika

Bourtali Gaila

Mnaina Haddi

Bouba Haddi

Manna Toubali

Fattam Sidi Haiba

Omama Mohamed Skaima

Naimaa Soufi

Zahra Regaibi

Fatma Soudani

Tomana Daida Mosaoui

Mbarka Haidan

Akik Hjaiba

Taaila Ali Baiba

Fatimatou Zraiginat et Fatma Sabbar

Et messieurs

Ali Saadouni

Lahbib Salhi

Bamba Lafkir

Bchraoui Nabett

Mokhtar Mahloub Ali

Neaama Jedamou

Hamada Lfilali

EM, le 13 janvier 2012

El Aaiun, Sahara Occidental occupé