Sahara Occidental, la guerre des pierres

Posted on novembre 26, 2011


APSO :

À El Aaiun, au Sahara Occidental occupé, alors que les services municipaux de ramassage des ordures ne font plus leur travail depuis de nombreux mois, laissant cette fonction de la collectivité aux initiatives individuelles, d’autres fonctionnaires du royaume, policiers et miliaires, se montrent très actifs et caillassent les Sahraouis pour les empêcher de rester dans les rues.
Voir http://youtu.be/qLziWmOJwW0 édifiant à partir de la 6ème minute, et http://youtu.be/pXg-Z6LU-kA idem à partir de la 2ème minute.

Les rues sont donc autorisées aux ordures mais pas aux Sahraouis. Si cette politique qui semble s’être instaurée depuis un an est un défi à la propagande angéliste du Maroc sur le territoire occupé, c’est aussi une technique inédite de promotion du tourisme !

Les terrains vagues couverts de poubelles jalonnent la ville occupée autant que les débuts de constructions en parpaing toutes identiques qui témoignent de la volonté effrénée du Maroc d’attirer toujours plus de colons marocains dans ce désert qu’ils n’apprécient que pour les subventions qu’on leur donne pour s’y installer.

Pour les touristes non avertis, le Sahara Occidental est un territoire non autonome, la dernière colonie d’Afrique, qui attend qu’aboutisse le processus de l’autodétermination de son peuple originaire, le peuple Sahraoui. Le Sahara Occidental n’est pas le Maroc.

Les Marocains qui y vivent, et qui par pan-Sahraouisme peuvent s’affirmer sahraoui et porter les vêtements traditionnels, sont des instruments de la colonisation, déplacés là en pleine infraction à la légalité internationale.

Les tonalités orangées des murs des bâtiments, – couleur de crépis imposée de force par les autorités -, comme les places publiques en carton-pâte digne des cartes postales, sont des mirages proposés aux crédules, pour démontrer la bienveillance des autorités coloniales. Cela n’a cependant pas de rapport avec les immenses profits que le roi, ses généraux, les invités étrangers de marque, les entreprises marocaines, espagnoles, françaises… tirent directement ou indirectement des ressources naturelles volées à la terre sahraouie, contre la volonté du peuple.

Bien sûr, les choses dites ne sont pas les choses écrites, et les mensonges ont des impacts plus durables que la réalité qui se doit de se démontrer… alors il faut lire entre autres, l’avis du conseil de sécurité de 1975 et la déclaration 34/37 de l’ONU en 1979 :
« L’Assemblée générale […] déplore vivement l’aggravation de la situation découlant de la persistance de l’occupation du Sahara occidental par le Maroc et de l’extension de cette occupation au territoire récemment évacué par la Mauritanie »…

Dans notre 21ème siècle, il reste une colonie en Afrique, la Sahara Occidental. L’Espagne son ancien colonisateur n’assume pas la responsabilité de l’administration qui lui échoit, pas plus qu’elle n’est cohérente dans son attitude avec le Maroc qui a colonisé partiellement le territoire à partir de 1975.

Les sahraouis vivent dans des campements de réfugiés, ou sous l’occupation avec ses violences quotidiennes. En territoires occupés, ils résistent contre le colonisateur quand la valse des diplomaties internationales ne démontre que leur inefficacité. Ils ripostent à coups de pierres au caillassage débridé des autorités.

APSO, le 10 novembre 2011

Publicités