Des nouvelles en direct de la prison de Salé

Posted on novembre 2, 2011


Ecrire pour les libérer : 

Nous venons de recevoir un message rapporté par les familles des prisonniers, installées à Salé, qui confirme l’interdiction de recevoir tout courrier. Elles nous ont dit leur inquiétude face aux informations reçues de la prison.
Les 24 prisonniers arrêtés au moment du démantèlement du camp de Gdeim Izik, sont poursuivis pour les mêmes chefs d’accusation, au terme d’une instruction menée par un juge militaire, instruction qui peut durer un an. (La majorité d’entre eux atteignent la limite annoncée à partir du 7 novembre).

Les accusations  portées sont les suivantes :
Article 392 : Homicide volontaire.
Article 2631 : Outrage et violences à fonctionnaires publics.

Ces très graves accusations témoignent de l’importance du mouvement de Gdeim Izik et de la volonté des autorités marocaines de faire des exemples ! Mais que  contiennent les dossiers d’une si longue instruction ?

Leurs revendications sont nombreuses. En matière de santé d’abord, deux d’entre eux sont en très mauvaise santé, l’un, Ahmed Daoudi, a été victime de tirs par balles le 24 octobre 2010, un autre, Mohamed El Ayoubi, présente des troubles psychiques graves liés aux violences subies lors de son arrestation. Les deux restent sans soins alors que le suivi de la santé des prisonniers incombe au juge d’instruction (Article 88 du code de procédure pénale marocain).

Interdiction de recevoir du courrier, des livres et même des journaux marocains dès qu’ils évoquent la situation au Sahara occidental.
Interdiction de disposer de tout document se rapportant à la question : rapports de l’ONU ou des associations des droits de l’homme.

Ils ne peuvent accéder à la bibliothèque de la prison. Ils ont droit au téléphone, 20 mn par semaine et à 1’heure de récréation, le matin et l’après-midi. Toute revendication exprimée par l’un des prisonniers peut faire l’objet de réaction violente de la part des gardiens. Cependant le message reçu témoigne d’une forte solidarité entre les 24 et de leur détermination à faire valoir leur droit.