Fin de séjour pour les jeunes sahraouis

Posted on septembre 4, 2011


Gonfreville :

Reçus par la municipalité, le comité de jumelage et des familles gonfrevillaises cet été, neuf jeunes vont repartir samedi dans les camps de réfugiés. Une soirée était organisée jeudi dans la salle des fêtes de Gournay-en-Caux.

Pendant deux mois, comme chaque année depuis quinze ans, le drapeau de République arabe sahraouie démocratique (RASD) a flotté devant la mairie de Gonfreville l’Orcher aux côtés des drapeaux français et normand. Il s’agissait d’honorer la présence de neuf jeunes « ambassadeurs » sahraouis venus à la rencontre de leurs amis français. Un séjour qui les met à l’abri des chaleurs extrêmes qui écrasent le désert algérien où sont réfugiées leurs familles depuis trente-six ans.

Pendant que les photos du séjour défilaient sur un écran géant et que les familles d’accueil découpaient d’appétissants gâteaux maison, Jean-Paul Lecoq (député-maire), Serge Le Bret (président du comité de jumelage), et Mohammed Fadel (accompagnateur sahraoui), s’avancèrent vers le micro pour de courtes et chaleureuses interventions.

Serge Le Bret salua les familles d’accueil qui ont su s’adapter au programme chargé des enfants sahraouis. Il remercia bien entendu la municipalité pour son investissement ainsi que les services municipaux. L’accent a été mis sur le séjour international inoubliable organisé à la colonie Les Ailes Blanches, à Magland (Haute-Savoie) où Gonfrevillais, Sahraouis et jeunes allemands ont bien fait la fête. Au passage, Serge Le Bret s’est dit ravi de voir que Teltow, ville jumelle de Gonfreville, a reçu des jeunes sahraouis cet été. « Ce n’est pas un hasard ! » a-t-il soufflé. Le CE de la SNCF qui a accueilli les jeunes à Clécy et Femmes Solidaires ont été remerciés pour leur soutien.

En présence de Marie-Claire Doumbia (adjointe au maire), d’Andrée Foisseau et de Gérard Legout (conseillers municipaux délégués), Jean-Paul Lecoq a également souligné la qualité du séjour et des échanges entre les enfants français et sahraouis, rejoints par des Allemands pour une « colonie de rêve » à Magland. « Quand les enfants vont revoir leur famille, ils diront qu’il y a des gens en France qui les comprennent et les soutiennent. C’est important. » Parce qu’il ne s’agit pas d’un jumelage ordinaire, le député-maire a tenu à rappeler les enjeux de la lutte du peuple sahraoui. « C’est un combat difficile, mais juste. Un combat reconnu par la communauté internationale, à l’exception de quelques pays, dont la France. Et rien ne bouge. Les Etats ont laissé tombé le peuple sahraoui. Si ce combat n’est pas celui des chefs d’Etat, il doit être le combat des peuples. Le combat pour le droit à la terre, ça nous concerne tous. »

Les autorités marocaines ont emprisonné arbitrairement des dizaines de militants sahraouis ces derniers mois. Jean-Paul Lecoq a annoncé des initiatives pour exiger leur libération. Le député-maire a notamment évoqué la situation de Ennaâma Asfari, Sahraoui résident en France, juriste coprésident du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara Occidental (Corelso) qui fut arrêté le 7 novembre 2010 et tabassé par la police marocaine. Il est toujours enfermé, sans inculpation ni procès, dans la prison de Salé. « Nous allons lancer une campagne pour dénoncer ces atteintes aux droits de l’homme. Le Maroc nous dit qu’il est une démocratie. Nous disons chiche ! Mais il faut expliquer aux dirigeants marocains qu’une démocratie n’emprisonne pas des militants politiques pacifiques. » Ce sujet brûlant sera au cœur de la rencontre prévue avec Khadija Hamdi. La ministre de la Culture sahraouie est attendue à Gonfreville l’Orcher le 23 septembre.

Des danses, une démonstration de double dutch et une dégustation de pâtisseries ont conclu la soirée dans une ambiance plus qu’amicale. « Merci d’apporter un sourire à ces enfants qui n’ont pas la chance de connaître leur pays, le Sahara Occidental », a murmuré avec émotion Mohammed Fadel.