Escalade de la répression des journalistes et net-citoyens par les autorités marocaines

Posted on août 21, 2011


Paris, 21 août 2011 (SPS)-

Reporters sans frontières a remarqué que les derniers  » événements illustrent l’escalade de la répression des journalistes et net-citoyens par les autorités marocaines », en particulier au Sahara Occidental, où Mohamed Ayache Buihi, journaliste au quotidien marocain Al-massae et administrateur du site web saharanow.com, a été frappé par les forces de l’ordre avec une matraque au dos et aux jambes. Après qu’il a sorti sa carte de presse, les forces de sécurité ont tenté de lui voler sa caméra, et l’ont jeté à terre en l’insultant alors qu’ils couvraient une manifestation, à El-Aaiún, capitale sahraouie occupée par le Maroc.
 
Selon un rapport publié hier par RSF, Hamid Bouffous, journaliste au journal Risalat Al-Oumma et correspondant pour les sites sahara press et hespress, a lui aussi subi les mêmes violences, et ce malgré son gilet portant l’inscription “presse”.  
 
L’association internationale dénonce fermement les poursuites pour “publication de fausses informations” engagées par les autorités contre Driss Chahtane et Abdel Aziz Gogass, de l’hebdomadaire arabophone Al-Michaal, pour avoir osé dénoncer dans un article publié le 20 juillet, les liens qu’entretiendraient certains gouverneurs avec le parti Authenticité et modernité de l’ancien ministre délégué à l’Intérieur et ami intime du roi, Fouad Ali El-Himma. Ils ont subi quatre interrogatoires. Leur procès se tiendra le 29 août prochain.
 
Moustapha Alaouie, rédacteur en chef du premier hebdomadaire arabophone du pays, Al-Oussboue-al-Sahafi, ainsi que le journaliste Youssef Meskine ont également été convoqués pour un interrogatoire après avoir publié un article sur le même sujet, le 4 août dernier. Ils sont passibles de poursuites.
 
L’organisation appelle les autorités à abandonner cet harcèlement judiciaire contraire à la volonté affichée par le royaume, en avril dernier, de réformer le code de la presse dans une direction plus démocratique. Nous regrettons qu’il soit si difficile pour les journalistes marocains d’informer sur la vie politique du royaume alors qu’approchent les élections législatives prévues en octobre 2011”, conlue le rapport. (SPS)