Vingt prisonniers sahraouis, en grève de faim

Posted on avril 21, 2011


GuinGuinBali :

Vingt jeunes sahraouis qui ont participé il y a cinq mois dans le camp de Gdeimlzik, ont décidé d’entrer en grève de faim à partir du mardi 19 avril pour protester contre les dures conditions d’emprisonnement et pout alerter la communauté internationale sur leur situation. Nous joignons ci-après leur communiqué.

« Après cinq mois d’emprisonnement à la prison de Salé durant lesquels nos causes ont été instruites par le tribunal militaire de Rabat, les violentes attaques aux civils sahraouis menées par les autorités marocaines le 8 novembre 2010 pour évacuer le camp de Gdeimlzik situé dans les alentours de Layoun occupée, les enlèvements ultérieurs, les disparitions et les détentions arbitraires et barbares qui rappellent la souffrance du peuple sahraoui qui dure depuis le siècle dernier après l’occupation du territoire du Sahara occidental par le Maroc.

En attendant notre comparaison par devant le tribunal militaire de Rabat, les autorités ont inventé et fabriqué des preuves, de style purement marocain des dures années de plomb dans le Sahara occidental –À l’époque de Hassan II et Driss El Bahri- Nous continuons à supporter des conditions pitoyables dans les prisons, où nous sommes privés de nos droits les plus élémentaires.

Pendant ces cinq mois nous avons été isolés individuellement ; les vingt prisonniers souffrons de complications et de maladies physiques et psychiques très grave.

À part le fait de nous retrouver privés de liberté et soumis à la vulnération de nos droits les plus élémentaires, nos familles souffrent, non seulement à cause de notre situation, mais aussi à cause des grandes distances qu’elles doivent parcourir et les frais de voyage qu’elles doivent assumer pour réaliser, deux fois par semaine, les visites qui ne durent que quinze minutes.

Vu les conditions difficiles et inhumaines auxquelles nous sommes soumis, après avoir mené des grèves de faim aux mois de février et mars, les 20 prisonniers avons décidé :

-Entamer une grève de faim le prochain mardi 19 avril 2011.

-Demander aux responsables de l’Administration pénitentiaire marocaine un traitement en accord avec notre condition de prison préventive, pour pouvoir exercer nos droits légitimes, garantis et protégés par la loi, les traités internationaux et les conventions, en particulier celles qui concernent les normes sur le traitement des reclus.

-Nous demandons l’accélération de nos procès tout en garantissant l’accomplissement des conditions pour la célébration d’un procès juste et impartial.

-Nous lançons un appel aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales, aux partis politiques et aux organisations de défense des Droits de l’Homme, en particulier aux Nations-Unis et à l’Union européenne, la France et l’Espagne spécifiquement, pour qu’ils fassent pression sur l’État marocain et interviennent pour la protection de nos droits en tant que prisonniers politiques sahraouis pour notre lutte politique pacifique et pour la défense des droits du peuple sahraoui à la libre détermination garantie par la législation internationale.

Notre détention dans la ville de Layoun était due à la participation à l’exode massif que des milliers de Sahraouis avons mené au camp de Gdeimlzik dans une réelle et authentique expression de lutte pacifique et légitime, une forme qui a été suivie par les peuples arabes. Cette révolution pacifique et populaire, unique en son genre, menée par les Sahraouis dans le camp de GdeimIzik, et dont le monde était témoin, est un évènement historique qui nous fait sentir orgueilleux face à notre désir, comme celui de tous les peuples arabe, de conquérir la liberté et la dignité face à la tyrannie, l’oppression et l’occupation.

Nous exhortons les organisations internationales des droits de l’homme, les organisations juridiques arabes, spécialement les marocaines, d’ouvrir une enquête sur les souffrances des enlevés et des détenus sahraouis suite aux évènements du camp de GdeimIzik et à la brutale intervention des forces de répression marocaine, en particulier les responsables de la gendarmerie, la police y les force auxiliaires de la répression policière, la torture et la persécution brutale exercée par l’État marocain à l’encontre même des personnes âgés, des femmes et des enfants.

Le camp de GdeimIzik est le résultat historique d’une succession d’évènements encadrés dans la rébellion pacifique des Sahraouis déclenchée le 20 mai 2005.

EnaamaAsfari en représentation du groupe des vingt prisonniers politiques de la prison de Salé :

1) Ennama Asfari.
2) Ahmed Sbai
3) Sid Ahmed Lemjayed.
4) Abdallahi Lakhfaouni.
5) Mohammed Tahlil.
6) Bashir Khadda.
7) Hassan Dah.
8) Banga Cheikh.
9) Mohamed Lamine Haddi.
Membres du Comité de dialogue du camp:
10) Abdallahi Toubali.
11) Mohamed Bourial.
12) Houssein Zaoui.
13) Daich Dafi.
14) Abdeljalil Laarousi
15) Sidi AbdelRahman Zayou
16) Mohamed Bashir Boutenguiza (militant attaché à la présidence de l’association de développement et compatibilité des immigrés)
17) Sidi Abdellah Abhah (militant attaché à la présidence de l’association de développement et compatibilité des immigrés)
18) Mohamed Bani.
19) Mohamed Elayoubi.
20) Taqui Elmachdoufi ».

GUINGUINBALI

17/04/2011