Mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental : Le Maroc fait pression sur l’ONU

Posted on avril 7, 2011


Quotidien Liberté :

En prévision de l’examen par le Conseil de sécurité du mandat de la Mission des Nations unies sur le référendum au Sahara occidental (Minurso), ce mois-ci, le royaume du Maroc a fait pression pour faire changer le paragraphe 119 du rapport de l’ONU, relatif à l’établissement d’un mécanisme des droits humains dans la mission MINURSO.
C’est ce qu’a révélé, avant-hier, Matthew Russell Lee, journaliste de l’Inner City Press, une association de reporters d’investigation accrédités aux Nations unies. Ce dernier, s’appuyant sur un projet de résolution obtenu par Inner City Press, a également rapporté que le Bureau du Haut-Commissaire pour les droits de l’homme de l’ONU a proposé “l’établissement d’un véritable mécanisme international de surveillance et de suivi des droits de l’homme… par une composante de la MINURSO”.
Le journaliste de l’Inner City Press a en outre soutenu que le Maroc, ayant reçu une copie en sous-main du projet de rapport onusien, “a fait pression pour changer le paragraphe, effacer toute référence à un nouveau mécanisme (de surveillance, ndlr), salue l’engagement du Maroc de permettre le libre accès aux rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’homme”. Plus loin, il a constaté que Rabat bénéficie toujours du “soutien inconditionnel” de la France, une situation qualifiée d’“incohérente” par les alliés du Front Polisario, qui estiment que “la France bombarderait la Libye au nom des droits de l’homme alors qu’elle bloque l’établissement d’un simple rapport sur les mécanismes des droits humains au Sahara occidental”.
Pour Matthew Russell, les partisans du Polisario soutiennent que de nombreuses politiques de la France “sont plus explicables en termes de relations coloniales que du point de vue du principe”. Au journaliste de l’Inner City Press de rappeler que le mois dernier, quand l’Afrique du Sud, en sa qualité de nouveau membre de Conseil de sécurité des Nations unies, avait invité les 15 membres du Conseil à une session sur le Sahara occidental, “le Maroc a fait pression sur beaucoup de pays pour ne pas être présents”.
Non sans observer que la France était “particulièrement absente” à cette rencontre, à laquelle avaient participé le Nigeria, les USA, la Russie et le Royaume-Uni.

H. Ameyar

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