Reconnaissance pour Aminatu, bien que sa déclaration auprès des Cours d’Assise soit ajournée

Posted on avril 5, 2011


GuinGuinBali :

Le maire de la ville italienne de Sesto Fiorentino, Gianni Gianassi, a voyagé au Sahara Occidental pour formaliser la nomination de la présidente du Collectif de Défenseurs Sahraouis des Droits Humains (CODESA), Aminatu Haïdar, comme citoyenne italienne honoraire. Là-bas se trouve la militante, après que, il y a quelques jours, le juge des Cours d’Assise espagnoles, Pablo Ruz, ait ajourné sa déclaration dans la cause qui investit le génocide et les tortures commis, entre 1976 et 1987, contre le peuple sahraoui.

Gianassi s’est déplacé samedi jusqu’à la capitale de l’ancienne colonie espagnole, Laâyoune, pour remettre cette reconnaissance, mais le voyage “s’est réalisé de manière confidentielle pour des raisons de sécurité et pour empêcher que les autorités locales empêchent la cérémonie”, selon ce dont a informé la mairie de Sesto Fiorentino et recueilli le quotidien “La Repubblica”.

“Aminatu allait recevoir la citoyenneté en Italie, il y a un an, mais pour des raisons de santé, cela n’a pu être”, a explique Gianassi, qui a souligné ce geste comme preuve de “solidarité” avec la militante, récompensée, en 2008, par le Prix des Droits Humains Robert F. Kennedy.

Durant la cérémonie, à laquelle ont assisté des militantes de droits humains et intellectuels sahraouis, Gianassi a signalé que Haïdar est un “symbole de la liberté, de la paix, de la justice et des droits humains dans le Sahara Occidental”, d’après les propos du maire italien, recueillis par l’agence sahraouie SPS.

Par ailleurs, des sources juridiques ont indiqué que la déclaration de Haïdar devant le juge des Cours d’Assise espagnoles, Pablo Ruz, dans la cause qui investit le génocide et les tortures commis, entre 1976 et 1987, contre le peuple sahraoui a été ajournée, il y a quelques jours, jusqu’en mai.

Ruz écoutera la déclaration de la militante et de 13 autres témoins, victimes de ces délits, se trouvant actuellement dans le champ de réfugiés de Tindouf, en Algérie, le 11 et le 12 avril.

Le magistrat a demandé, en novembre dernier, au ministère de Justice, si le Maroc avait répondu à la commission rogatoire que son prédécesseur, Baltasar Garzón, avait présenté en octobre 2008, afin de transférer cette plainte imputant 13 cadres policiers marocains, dont le général Hosni Benslimane, chef de la Gendarmerie Royale Marocaine – que l’Espagne avait décorée avec la Grande Croix d’Isabelle la Catholique en 2005, et qui faisait partie de la délégation qui avait visité, début février 2011, l’Espagne, en compagnie du ministre de l’Intérieur marocain, Taieb Cherkaoui.

Ruz a réactivé la cause pour demander que la Sous-Direction Générale de Coopération Juridique Internationale du ministère de Justice de la transmettre, “dans les plus brefs délais, l’état dans lequel se trouve la commission rogatoire livrée aux autorités judiciaires marocaines”, après avoir rappelé que celle-ci avait été renouvelée en mai dernier.
Le juge Garzón, qui avait ouvert, en octobre 2007, une enquête pour ces faits à partir de la plainte déposée par des associations de défense des droits humains et des parents de prisonniers et disparus, avait demandé au Maroc de transporter les accusés de l’action judiciaire qu’il avait entreprise, de lui communiquer si ces faits étaient enquêtés et quels en étaient les résultats, et s’il y avait déjà quelque procédure pénale contre eux.

DÉCLARATION AUX COURS D’ASSISE

Garzón avait alors prié les plaignants d’informer s’il était possible que les victimes déclarent aux Cours d’Assise, après que les autorités algériennes aient refusé, en février dernier, de permettre le déplacement du juge jusqu’aux camps de réfugiés de Tindouf afin de les interroger, argumentant qu’il devait se diriger à la République Arabe Sahraouie Démocratique, auprès de laquelle l’Espagne n’a pas de représentation diplomatique, d’après la réponse du ministère des Affaires Étrangères et de Coopération.

Ruz avait cette offre aux plaignants, “vu le temps écoulé” depuis la première demande et les avait invité à présenter “des propositions alternatives quant à la pratique de diligences comprises dans la commission rogatoire”, le déplacement des témoins jusqu’aux Cours d’Assise n’étant pas possible.

L’enquête est menée contre “de remarquables fonctionnaires marocains qui auraient pu ordonner et diriger différentes campagnes d’arrestation et des disparitions postérieures dans des villes du Sahara, telles que Smara, Laâyoune ou Tan Tan”.

Parmi les accusés on trouve – outre Benslimane, qui aurait ordonné et dirigé la campagne d’arrestations et de disparitions de 1976 à Smara – Abdelhafid Ben Hachem, présumé responsable direct des enlèvements commis à Laâyoune en 1987, Abdelhak Lemdaour, qu’on associe aux arrestations de 1976 dans la région d’Erbaib et Moustapha Hamdaoui, chef de la Gendarmerie de Tan Tan.

PLUS DE 500 DISPARUS

Les plaignants parlent de plus de 542 disparus, dont la plupart sont tenants d’une carte d’identité espagnole. Les faits dénoncés se situent à partir de l’an 1975 lorsque, suite à la signature des Accords Tripartites de Madrid, l’Espagne a abandonné sa 53e province. Après la retraite des troupes espagnoles a commencé ce qu’on a dénommé “Marche Verte”, à travers laquelle le Royaume du Maroc a occupé le Sahara Occidental.

La querelle ajoutait que l’invasion et le massacre contre le peuple sahraoui a duré 16 années, durant lesquelles ses intégrants ont été soumis à la domination d’une puissance étrangère qui les empêche “d’exercer leur droit à la libre détermination, reconnu par la Résolution 1514 de l’Assemblée Générale de l’ONU de décembre 1960, impliquant un dénégation des droits humains fondamentaux”.

GGB

Islas Canarias29/03/2011

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