Le Président sahraoui déclare que l’Union Européenne sape les pourparlers de paix des Nations Unies

Posted on mars 14, 2011


Western Sahara Resource Watch :

Le Président du Sahara occidental a déclaré que l’Union Européenne prolonge le conflit à travers ses activités de pêche illégales dans les eaux de son pays.

La lettre ci-dessous est parue dans European Voice, le 10 Mars 2011

 La valeur (du poisson) que l’Union Européenne accorde à la démocratie

Apparemment inconsciente de la ferveur démocratique qui balaie le Moyen-Orient et le Maghreb, l’Union européenne s’oriente vers le soutien à un autre régime autocratique et corrompu au sud de la Méditerranée, celui du roi Mohammed VI du Maroc.

Le 18 Février dernier, une majorité d’Etats membres de l’UE, dirigée par l’Espagne et la France, ont voté, contre les objections de principe de la Suède, du Danemark, de la Finlande, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, pour négocier une prolongation de l’accord de pêche en vertu duquel l’UE paye au Maroc 36 millions d’euros par an pour l’accès à la « zone de pêche marocaine ».

Ce que l’accord ne dit pas, c’est que la flotte espagnole de l’UE n’est pas principalement intéressée par les poissons du Maroc, mais plutôt par l’abondance de poissons au large des côtes de mon pays, le Sahara Occidental, qui est illégalement occupé par le Maroc depuis 1975.

Selon le droit international, l’utilisation des ressources naturelles d’un peuple occupé, sans son consentement, est interdite, et plus encore lorsque ce territoire est reconnu par les Nations Unies comme en attente de décolonisation à travers un vote sur son l’indépendance, et quand ce pays est déjà un Etat membre à part entière de l’Union Africaine. Il n’est pas surprenant, donc, que les services juridiques des Nations Unies et du Parlement Européen ont jugé cet accord de pêche illégal.

Au nom du peuple sahraoui, mon gouvernement a alerté le Conseil de Sécurité sur cette nouvelle transaction honteuse, soulignant que dans le vol de nos poissons, l’UE est en train de saper les pourparlers des Nations Unies sur l’avenir du Sahara Occidental, que cette même Europe vise pourtant à soutenir.

Ajoutons à cela le refus épouvantable de la France de permettre aux Nations Unies la surveillance des Droits de l’Homme sur la répression et les violences infligées par le régime corrompu du Maroc sur mon peuple au Sahara occidental, et l’on vient rapidement à la conclusion que l’Union Européenne fait plus partie du problème que de la solution.

L’Union européenne doit changer de cap dès maintenant en utilisant le sommet du 11 Mars pour faire du référendum au Sahara Occidental un pilier central de sa nouvelle politique de promotion de la paix, de la démocratie et de la stabilité dans le Maghreb.

Nous demandons également que le Parlement Européen, les représentants du peuple européen élus, écoutent les conseils des avocats et rejettent l’accord de pêche lors de la nouvelle ratification dans les prochains mois. Si le Parlement prend la bonne décision, la pêche de l’UE dans les eaux du Sahara Occidental devra s’arrêter, et l’Europe pourra revenir au soutien d’une solution pacifique qui permettra l’autodétermination du Sahara occidental, comme l’exige le Conseil de Sécurité des Nations Unies et le droit international.

Comme nos frères et sœurs en Tunisie, en Egypte, en Libye et au Bahreïn, le peuple sahraoui désire simplement un vote afin de décider librement de son propre avenir. Cela a fonctionné au Sud-Soudan. Cela fonctionnera aussi au Sahara occidental.

Mohamed Abdelaziz

Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique et secrétaire général du Front POLISARIO.

Bir Lehlou, Sahara Occidental


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