La Commission européenne et le Maroc signent l’extension du très controversé accord de pêche

Posted on mars 8, 2011


Western Sahara Resource Watch :

Après deux jours de discussions, la Commission européenne et Rabat ont signé une prolongation d’un an de l’accord de pêche UE-Maroc le vendredi 25 Février à Rabat. L’accord initial, largement critiqué pour appuyer la revendication du Maroc sur le Sahara Occidental occupé, devait expirer le 27 Février.

Après avoir exercé de fortes pressions pour l’extension, la ministre espagnole de la pêche Rosa Aguilar, n’a pas tardé à se féliciter de l’accord conclu entre la Commission européenne et le Maroc.

«Nous avons maintenant un an pour atteindre un bon accord UE-marocain sur la pêche qui garantisse l’emploi de nos pêcheurs et offre une sécurité et des garanties permettant à notre flotte de développer ses activités professionnelles » note la ministre dans un communiqué de presse officiel.

Grâce à l’accord de partenariat UE-Maroc, la flotte européenne reçoit 119 licences de pêche dans les eaux marocaines et dans les eaux occupées, en plus des quotas sur les espèces comme l’anchois, le maquereau et le hareng. L’industrie de la pêche espagnole reçoit non moins de 100 licences dans cet accord de pêche, bénéficiant principalement à l’Andalousie et aux pêcheurs des îles Canaries.

En ces temps où les revendications du Monde Arabe pour la démocratie font passer les affaires pour secondaires, l’Espagne place toujours ses propres intérêts économiques en priorité face aux droits humains fondamentaux d’un peuple qu’elle avait colonisé.

« L’aspect financier [de l’accord de pêche] n’est pas nécessairement l’aspect le plus important de cet accord. L’aspect politique est tout aussi important « , a déclaré le ministre marocain de la pêche à propos de l’accord. Grâce à cet accord, le Maroc reçoit l’argent des contribuables de l’Union Européenne pour pêcher dans des eaux qui ne sont non pas marocaines, mais sous occupation marocaine.

Selon les Nations Unies, aucune exploitation des ressources naturelles ne peut avoir lieu au Sahara occidental, si le peuple sahraoui est en désaccord avec cette exploitation. Mais jusqu’ici, l’UE a – sous la pression espagnole – renoncé à cette obligation de consulter le peuple du Sahara occidental que les Nations Unies ont pourtant prescrit. La Commission européenne a à maintes reprises trompée le public sur le contenu véritable de l’opinion des Nations Unies sur la question.

Le 21 Février 2011, les 27 États membres ont approuvé la Commission européenne et la poursuite de son plan pour négocier une prolongation de 12 mois de la FPA. Le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark ont voté contre le mandat demandé par la Commission, en insistant pour obtenir des informations claires et suffisantes prouvant que le peuple sahraoui ai bénéficié de l’accord. La Finlande et l’Allemagne se sont abstenues pour la même raison.

La Commission européenne soutient depuis longtemps que le renouvellement de l’accord de partenariat UE-Maroc dépend du fait que Rabat démontre que la mise en œuvre de cet accord soit à l’avantage des Sahraouis. Il a fallu aux autorités marocaines près d’un an pour fournir les données demandées, alors qu’ils n’avaient pas présenté de telles données au cours des trois premières années de l’accord. L’auteur de l’Avis des Nations Unies sur la question, trouve absurde que l’UE demande au Maroc de la documentation sur la façon dont l’accord bénéficie à la population d’un territoire annexé, en soulignant que cela devrait être au peuple lui-même d’être consulté, conformément au droit international.

La réticence initiale de la Commission pour partager les fichiers avec le Conseil a déclenché le mécontentement parmi les gouvernements de l’UE. Dans une tentative pour éviter une imminente minorité de blocage, la Commission avait promis de présenter une évaluation des rapports reçus sur présentation d’un projet d’accord négocié avec le Maroc.

L’accord proposé par la Commission doit encore être ratifié par le Conseil européen et le Parlement européen.